Marine_Tribune

Le Point

Article de Ségolène Gros de Larquier publié le 26 avril 2011

Pour la première fois, dimanche 1er mai, Marine Le Pen va parader en tête de ses troupes en tant que présidente du Front national. Et la fille cadette de Jean-Marie Le Pen veut faire de cette 38e édition du défilé parisien en l'honneur de Jeanne d'Arc une démonstration de force. "Il y aura sûrement plus d'affluence que les années précédentes", note-t-on dans les rangs frontistes au moment où le FN a le vent en poupe dans les sondages. À l'occasion de ce défilé entre la place de l'Opéra et la place des Pyramides, Marine Le Pen entend surtout montrer que le FN est un parti comme les autres, c'est-à-dire "à l'image des Français".

Résultat, les consignes transmises aux fédérations départementales et aux militants sont strictes : "Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un skinhead sera exclu manu militari" ; rangers et treillis strictement interdits ; seuls les drapeaux français ou régionaux seront acceptés le 1er mai. Le jour J, le service de sécurité du FN - environ 35 personnes - sera sur le qui-vive pour veiller au respect des consignes. En province, les secrétaires départementaux sont aussi vigilants : chargés de valider les inscriptions dans les cars qui partiront vers la capitale le dimanche à l'aube, il leur a été demandé de n'accepter que des adhérents frontistes connus de longue date et d'effectuer un contrôle vestimentaire à la montée du bus.

"Méthodes de barbouzes" (Steeve Briois)

Malgré tout, le FN craint des débordements lors du défilé. Le secrétaire général du FN Steeve Briois soupçonne "ceux qui ont peur de ne pas être au second tour de la présidentielle de 2012" de préparer des "coups bas". "Si des skinheads viennent perturber le défilé, ce sera sur ordre commandé. On connaît les méthodes de barbouzes de la droite classique", lâche-t-il.

À un an de l'élection présidentielle, Marine Le Pen poursuit donc son entreprise de dédiabolisation du parti. La conseillère régionale du Pas-de-Calais tente de rompre avec l'image du "militant facho en rangers" qui colle à la peau du FN comme le sparadrap au doigt du capitaine Haddock. Steeve Briois insiste : "On tient à se démarquer du folklore de la mouvance à droite de la droite du FN. Les électeurs ne votent pas FN à cause de cela. Si nous voulons devenir majoritaires sur la scène politique, il faut que nous ressemblions au peuple français. Les nostalgiques du IIIe Reich n'ont aucune place chez nous." Ainsi, l'exclusion d'Alexandre Gabriac - le militant photographié en train de faire le salut nazi et dont la photo a fait le tour du Web lors du second tour des cantonales - a valeur d'exemple.

Le parti à la flamme entend également appliquer la "tolérance zéro" pour les adhérents en infraction avec l'article 6 des statuts du FN affirmant que "l'adhésion au Front national n'est compatible avec aucune appartenance à un autre parti ou mouvement politique, quel qu'il soit". En clair sont visés la dizaine d'adhérents frontistes qui seraient encore membres de groupuscules d'extrême droite comme l'Oeuvre française de Pierre Sidos, le Renouveau français, la Nouvelle Droite populaire ou le Parti de France de Carl Lang. Un grand ménage de printemps en perspective, pour tenter de rendre le FN "plus fréquentable".

Note YR : évidemment, je suis totalement en accord avec les consignes fermes données aux fédérations pour l'évenement de dimanche : le Front National n'a rien a voir avec l'image d'Epinal que l'on veut absolument lui coller. Mais, encore une fois, puisque son nom est cité dans l'article du Point, je ne comprend pas bien l'exclusion d'Alexandre Gabriac du Front National en raison d'une photographie publiée par une presse hostile au FN ( Le Nouvel Obs  en particulier  )  alors que la Commission des Conflits n'avait en rien recommandé une telle décision. J'espère que Marine Le Pen regardera de nouveau ce dossier.