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Bruno Gollnisch

édition du 26 avril 2011

En 1995 et 2002 Jean-Marie Le Pen avait été le champion toute catégorie du vote ouvrier, avant de se faire siphonner les voix des travailleurs Français par Nicolas Sarkozy en 2007 ; ce dernier réussissant à capter 40% de l’électorat qui s’était porté sur le nom du Président du FN cinq ans auparavant. L’espoir sarkozyste a désormais vécu,  et le dernier  sondage Ifop pour le JDD indique que Marine Le Pen fait désormais la course en tête dans les catégories populaires dans la perspective de 2012. La candidate du FN est ainsi crédité de 36% des voix chez les ouvriers, très loin devant les représentants de l’idéologie euromondialiste que ce Dominique Strauss-Kahn (17%) ou  Nicolas Sarkozy, 15%.

Une autre enquête sur les intentions de vote des Français en 2012, réalisée par Ifop pour Europe 1 et paru aujourd’hui,  indique que Marine Le Pen  dépasse de nouveau la barre des 20%, faisant  (pratiquement) jeu égal, « dans un mouchoir de poche » avec Sarkozy.

Ce fort impact sur les catégories populaire du discours de justice sociale, de solidarité nationale, de défense des droits du travailleur français martelé par  la candidate du FN, inquiète tout autant la classe politique que leurs obligés  qui contrôlent les centrales syndicales.

Ce nouveau sondage qui intervient après le « scandale »  des élections cantonales, à savoir les cinq responsables des principaux syndicats qui se sont présentés sous l’étiquette FN, ont  décidé les responsables de la CGT a choisir comme thème du défilé du 1er mai « contre le racisme et la xénophobie ».

Comme les autres syndicats, qui ne cessent de voir fondre le nombre de leurs adhérents, et qui font d’ailleurs encore un peu illusion grâce au renfort des bataillons immigrés, le CGT affirme « la préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme ».

Une raison, parmi d’autres, qui explique la désaffection des Français pour des syndicats dont les dirigeants sont avant tout les vecteurs d’une idéologie antinationale. Rien d’étonnant à ce que seulement  7 % des salariés  français soient syndiqués, principalement  dans la fonction publique, le plus faible taux en Europe.

Dans un entretien accordé au JDD, le Secrétaire général de la CFDT  François Chérèque, tire lui aussi le signal d’alarme devant la tentation du vote Marine qu’il sent monter  dans la fonction publique et appelle à la rescousse de son travail pédagogique l’exemple des « heures les plus sombres de notre histoire ».   

« L’extrême droite a toujours utilisé des situations réelles mais donne des mauvaises réponses » avance-t-il. « Ce qui se passe en France s’est déjà produit après la crise de 1929. » « Sans aller jusqu’à de telles extrémités, nous constatons que la tendance au repli existe en France et en Europe comme dans les années 1930.  » « Nous disons aux salariés concernés qu’ils font une erreur d’analyse, que les propositions de Marine Le Pen sont creuses. Pis, qu’elles se retourneraient contre les ouvriers ou sont irréalistes, que ce sont de fausses pistes » ajoute-t-il se gardant bien de creuser son raisonnement.

Le problème c’est que les «vraies  pistes », celles essayées et empruntées depuis quarante  ans par les partis de gouvernement selon M. Chérèque, qui comme par hasard sont les principaux bailleurs de fonds des syndicats, ont conduit la France au bord de l’abîme. Dans ces conditions, il sera difficile aux commissaires politiques syndicalistes  d’empêcher  les salariés français d’opter pour un autre chemin.