Catastrophe_europeenne_Chapatte

UDC Valais

Article de Jean-Daniel Clavel publié le 22 avril 2011

Les signaux ne manquent pas, qui illustrent le déclin progressif du continent européen sur l’échiquier mondial. D’abord, l’acceptation fataliste de la concurrence déloyale de la Chine. Pratiquant ouvertement le dumping, violant sans pudeur la législation internationale sur la propriété intellectuelle et exploitant à fond le capitalisme d’Etat pour discriminer les entreprises étrangères, la Chine squatte illégalement les marchés européens. L’Europe n’a rien vu venir et n’ose pas bouger le petit doigt. Résultat : réduction drastique des carnets de commande, perte d’emplois, perte de revenus et perte de recettes fiscales.

Ensuite, le sommet du G-20 de Londres en 2009 a été un fantastique autogoal des Européens – Français, Britanniques et Allemands en tête : la chasse ciblée au secret bancaire a finalement provoqué un exode de capitaux vers les places financières asiatiques.

Puis, lors la réunion de Copenhague de 2009 sur l’environnement, dont le but était de relancer le protocole de Kyoto, l’Europe n’a pratiquement rien eu à dire : les négociations sérieuses se sont déroulées entre les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil. Bruxelles a eu un rôle de figurant – sans plus. Plus tard, la crise de l’euro – de son origine à sa gestion – reflète cette même incompétence et absence de vision stratégique: on a créé une devise commune sans même tenter de coordonner les politiques budgétaires, fiscales, financières et sociales nationales.

Et pour sauver à tout prix l’euro, les pays économiquement solides sont contraints de passer à la caisse. L’Allemagne, entre autres, ouvre son porte-monnaie. Jusqu’à quand ? Au prix de quels sacrifices ? Et dans le même temps la Chine offre de racheter les obligations d’Etat de la Grèce, de la Belgique, de l’Espagne,… pour mieux neutraliser l’UE dans les négociations à venir. Enfin, la dynamique des soulèvements dans les pays arabes depuis janvier 2011 met une nouvelle fois en évidence l’incurie de l’UE : sans politique étrangère et de sécurité, sans politique de coopération et d’immigration avec ses voisins immédiats, frileuse et divisée, l’UE a dû s’en remettre au Conseil de sécurité de l’ONU pour trouver une solution.

Ainsi, par veto interposé, la Russie et la Chine dictent à l’UE sa politique étrangère en Méditerranée ! Ceci alors même que Beijing et Moscou violent sans états d’âme le droit international – à témoin la mainmise progressive violente de la Chine sur les Iles Spratley et l’occupation de la Georgie par la Russie. Tel un bateau ivre, sans feuille de route, sans gouvernail, sans capitaine, l’UE erre péniblement sur la scène internationale. La discorde entre ses membres croît naturellement de jour en jour, l’édifice européen ne cesse de se fissurer, mais Bruxelles fonce toujours tête baissée dans le mur.

L’Union Européenne est devenue le cercueil de l’Europe.

(www.clavelconsulting.com)