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Article de Jean-Dominique Merchet publié le 1er mai 2011
Selon nos informations, une crise a affecté les relations militaires entre Français et Américains, en Afghanistan au cours du second semestre 2010. Les choses sont depuis lors rentrées dans l'ordre.

La Task Force La Fayette a alors failli se faire "helmandiser", selon le jargon militaire local. Comprenez : se faire mettre sur le côté comme les Américains l'ont fait avec les Britanniques dans le Helmand au vu de résultats qu'ils jugeaient insuffisants. Une telle décision aurait eu l'effet d'une bombe politique et l'affaire a été tue.

En faisant une victime collatérale : les grands et beaux discours sur la contre-insurrection (COIN) qui depuis plusieurs mois se sont fait nettement plus discrets... De la conquête des coeurs et des esprits, etc, etc, on est revenu à une approche plus "pêchue" des opérations militaires, sans que l'explication n'ait jamais été fournie.

Aux yeux des Américains, la mission essentielle des Français en Afghanistan est le contrôle de l'axe Vermont, une voie  stratégique de contournement de Kaboul en direction de Bagram, longue d'environ 80 kilomètres. Pour ce faire, l'armée française y déploie près de 10% de son infanterie (et si l'on tient compte des relèves, près d'un quart...)

Or, aux yeux des Américains, et notamment de la 101 ème Aéroportée qui commandait alors le secteur, les résultats n'étaient pas à la hauteur de leurs espérances. D'où quelques explications et menaces implicites sur le ton : nous allons venir vous aider, c'est-à-dire le faire à votre place.

Il est vrai que la saison d'été est plus difficile que l'hiver. La végétation dans la "zone verte" qui occupe le fond de la vallée est extrêment dense et permet aux combattants insurgés - qui seraient de l'ordre de 400 - de se cacher plus facilement "en territoire indien"...