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Les 4 Vérités

Article de Jean Rouxel publié le 4 mai 2011

Nous avons appris – comme à peu près tout le monde sur la planète ! – la mort d’Oussama Ben Laden dans la nuit de dimanche 1er à lundi 2 mai, au nord d’Islamabad au Pakistan.

Il est clair que cette annonce est une bonne nouvelle.

Mais je crains que les médias français, embourbés dans leur vision angélique de l’islam radical, ne se fassent une fausse idée de l’événement.

Il me semble d’abord absurde de supposer qu’Al Qaïda est décapitée. En réalité, Al Qaïda n’existe pas, à proprement parler. Ce qui existe, ce sont de nombreuses cellules terroristes se revendiquant de l’islam radical – et endoctrinées par un grand nombre de prédicateurs. Mais il n’y a pas un groupe terroriste appelé Al Qaïda, dont le chef viendrait de mourir.

Je note à ce propos que Ben Laden n’a jamais revendiqué les attentats du 11 septembre. Ce n’est certainement pas par fausse modestie ou, au contraire, par souci de son « image de mar­que » – d’autant qu’il s’est réjoui publiquement de ces attaques. Cela signifie simplement qu’il n’a sans doute pas organisé ces attentats (et que, par conséquent, alors qu’on le pourchassait à raison comme terroriste, on le pourchassait à tort pour cet attentat-là).

Autre élément déterminant pour nuancer la portée de cette nouvelle : Ben Laden est, si je puis dire, une « création » américaine. D’abord une création pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan ; puis une création comme « ennemi public n° 1 ». Ce qui ne veut évidemment pas dire que Ben Laden était un mythe, mais, pour des raisons de communication facilement compréhensibles, il a personnifié l’ensemble des terroristes islamistes pour les médias, pour le peuple américain, comme pour le reste de la planète.

Alors, en quoi, la mort de Ben Laden est-elle une bonne nouvelle ? Au moins en ceci : elle montre que l’Occident n’a pas l’intention de baisser les armes face à l’islam radical.

Mais il faut ajouter que le combat est culturel avant d’être militaire. Or, dans le domaine culturel, la haine de soi de l’Occident nous empêche de répondre à la menace de l’islam radical.

Dans l’état actuel des choses, il pourrait très bien se faire que la France devienne république islamique sans même qu’il soit nécessaire d’y perpétrer des attentats. Tant que nous n’assumerons pas sereinement et fièrement ce que nous sommes, les séides de Ben Laden continueront à marquer des points sur la planète et plus spécialement chez nous !