Absinthe_de_Pontarlier

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édition du 18 mai 2011

La fédération française des spiritueux (FFS) s'est démenée pour obtenir l'autorisation en France de la dénomination absinthe afin de contrer une tentative de producteurs suisses de s'approprier cette appellation.

L'interdiction d'utiliser le nom absinthe remonte à la loi du 16 mars 1915 qui vient d'être abrogée par la «loi de simplification et d'amélioration de la qualité du droit», publiée mercredi au Journal officiel français.

«Nous nous félicitons de l’adoption de cette mesure de bon sens et d’avoir contribué ainsi à la valorisation d’un spiritueux longtemps et injustement décrié», a déclaré de Jean-Pierre Lacarrière, président de la FFS, dans un communiqué.

Désormais, l’absinthe française pourra être commercialisée sous son nom alors que jusqu'à maintenant les producteurs devaient la vendre sous la dénomination «boisson spiritueuse aux plantes d'absinthe».

Cette abrogation veut contrer le projet suisse de déposer la dénomination absinthe en tant qu'indication géographique. En mars 2010, les producteurs suisses du Val-de-Travers (canton de Neuchâtel) avaient déposé une demande d'indication géographique protégée (IGP) devant l'Office fédéral de l'agriculture suisse (Ofag) afin d'être les seuls à pouvoir utiliser le terme «absinthe».

Si l'IGP était accordée aux producteurs du Val-de-Travers, tout produit dénommé «absinthe», «Fée verte» ou «la Bleue» distillé ailleurs qu'au Val-de-Travers, serait interdit de vente et d'importation en Suisse, puis en Europe.

La fédération française des spiritueux avait déposé un recours contre cette demande suisse.

Soupçonnée de «rendre fou», l'absinthe, dont la capitale historique est Pontarlier (est de la France), avait été autorisée à nouveau en 1988, dans une version moins forte en alcool (à l'origine elle titrait 72°).

Une quinzaine de distilleries fabriquent aujourd'hui en France cette boisson dont de nombreux artistes et écrivains français comme Baudelaire ont fait le succès au XIXe siècle.