Tongues_UMP

Bruno Gollnisch

édition du 30 mai 2011

Les manifestations de soutien à l’immigration organisées cette fin de semaine dans plusieurs villes de France par l’extrême gauche et les habituelles officines « antiracistes » n’ont pas rameuté les foules, et c’est un euphémisme. Le ras le bol des Français, de gauche, de droite et d’ailleurs,  devant la persistance des flux migratoires  est tel que même les partis les plus officiellement xénomaniaques adoptent un profil bas sur cette question. Du moins  ceux qui comptent encore majoritairement  sur le vote des de « souche » et assimilés  pour gagner les élections…

Contrairement à certaines analyses qui tendent à démontrer que l’accaparement de ce thème par l’UMP profite avant tout au FN,  Jean-François Copé est persuadé   de l’importance de surfer sur ce refus de l’immigration jusqu’en 2012. Il a annoncé la semaine dernière la tenue le 28 juin  d’une convention de son  parti sur cette question, alors que Claude Guéant a fait sensation dernièrement en exprimant son  souhait d’une baisse (à la marge)  de l’immigration légale, même professionnelle.

Le patron de l’UMP comme le ministre de l’Intérieur sont donc engagés dans une stratégie qui visent à (re)conquérir le vote de la droite de la droite en faveur de leur champion en 2012, à ne pas laisser plus largement le monopole de cette question au Mouvement national.

Marianne 2 a cependant relevé que la volonté exprimée par M. Guéant se heurte à un handicap sérieux en ce qu’elle remet en cause «  toute une doctrine sarkoziste sur les migrations. En effet, celui qui fut ministre de l’Intérieur puis chef de l’Etat, avec Guéant à ses côtés, comme directeur de cabinet, secrétaire général de l’Elysée et enfin ministre de l’Intérieur a toujours prôné  l’immigration choisie. »

«Une logique qui préfère une immigration de travail à une immigration familiale, qui privilégie les accords bilatéraux avec certains pays, bref, une immigration sélectionnée plutôt que réduite. Pour Sarkozy, c’était une façon de concilier ses partisans conservateurs refusant cette fameuse « immigration subie » et ses partisans libéraux (et le Medef) soucieux d’avoir une main d’œuvre disponible (et peu chère accessoirement). »

Et Marianne de rappeler encore que ces dernières années, « plusieurs accords bilatéraux ont été signés avec des pays d’immigration afin de faciliter la venue des migrants notamment pour des motifs professionnels. Ces accords fixent d’une part des quotas d’immigrés à respecter, d’autre part, d’autres listes de métiers accessibles sans restriction aux immigrés du pays concerné. »

« En tout, neuf accords de ce type ont été signés et ratifiés par la France. Notamment avec la Tunisie »en 2008 qui prévoit  « la venue de 9 000 Tunisiens par an dans le cadre de l’immigration professionnelle » avec une «  liste de 77 métiers librement accessible ». Est évoqué iciégalement l’accord migratoire spécifique très généreux, exorbitant du droit commun,  dont bénéficient les Algériens depuis 1968, que le gouvernement a prudemment tenté de renégocier en 2009. « c’est un chantier extrêmement complexe, ultra sensible, et qui risque de prendre plusieurs années commente une source française proche du dossier »…

Pournotre part, relevons  une nouvelle fois que cette focalisation sur les questions de l’immigration de travail, qui arrange bien aussi l’opposition de gauche, procède de l’écran de fumée. Elle  évite au gouvernement et aux  partis du  Système d’aborder le dossier du regroupement  familial qui est la première cause d’immigration légale en France. Pour ne rien dire de la  fabrication à la chaîne  de Français de papier via le droit du sol, lui aussi non  remis en cause.