Concombres

Présent

Article de Pierre Malpouge publié le 31 mai 2011

Les légumes se rebiffent ! Contaminés par une bactérie tueuse, concombres, mais (peut-être) aussi tomates et laitues, se la jouent façon « la mort en ce jardin » et l’Europe entière regarde d’un sale œil les potagers des maraîchers essentiellement espagnols. Pour l’instant.

Ainsi, depuis quelques jours, le concombre n’avance plus masqué et l’inquiétude se propage en Europe où les cas de contamination, et de décès, par une forme rare de la bactérie Escheriachia coli entérohémorragique (ECEH) se multiplient un peu partout et créent la psychose. A l’origine de cette psychose qui gagne du terrain : les concombres importés d’Espagne. Du moins, selon Bruxelles, les soupçons se portent pour l’heure sur l’Espagne où les légumes incriminés seraient issus de cultures (bio ?) sous serres en Andalousie (la contamination a toutefois pu se produire le long de la chaîne de distribution, est-il précisé).

Le tueur présumé, qui a déjà fait dix morts et quelque 1 000 malades en Allemagne : le concombre infecté par l’ECEH.

Bactérie virulente, recherchée morte ou vive par toutes les agences de surveillance sanitaire (les résultats devaient être connus ce lundi) et apparemment issue des déjections des bovins servant d’engrais ou se mélangeant à l’eau, l’ECEH provoque des hémorragies dans le système digestif et peut donc être mortelle.

En Europe, vingt-cinq cas de contamination par l’ECEH ont été dénombrés en Suède, sept au Danemark, trois en Grande-Bretagne, deux en Autriche et un au Pays-Bas.

En France, trois cas de contamination ont été relevés (à Hénin-Beaumont, Toulouse et Bastia). Des cas qui ne seraient pas dus au concombre français, qui lui, cocorico, se porte bien, mais, selon le ministre de la Santé Xavier Bertrand, seraient des cas d’intoxication alimentaire « importés » par des personnes ayant séjourné en Allemagne. Selon le principe de précaution, un lot de concombres suspects (délit de sale gueule ?) importés d’Espagne par un grossiste français du Morbihan a été retiré du marché.

Samedi, alors que les producteurs français craignent un « amalgame » entre la production française et espagnole (sur certains étals de marchés on voit désormais l’indication « provenance France » sur les étiquettes), le ministre de la Santé a mis en garde contre toute « forme d’affolement » face aux risques liés à certains concombres. « A partir du moment où ne consomme pas ce concombre [espagnol], il n’y a pas les risques et les drames qu’il y a pu y avoir en Allemagne », a-t-il assuré.

De leur côté, les autorités sanitaires françaises, qui rappellent les règles d’hygiène habituelles – se laver les mains avant chaque repas et après chaque passage aux toilettes et, concernant les fruits et légumes, les laver, les éplucher ou les faire cuire avant de les consommer – soulignent que « le dispositif de surveillance a été renforcé, en liaison avec l’Institut de veille sanitaire » et que « les professionnels de santé ont également été sensibilisés, afin qu’ils détectent et signalent les éventuels cas sur le territoire national ».

La vengeance du concombre démasqué ne passera pas…