Marine_Perpignan

Le Midi Libre

édition du 12 juin 2011

Ayant en vue l’électorat populaire, ouvrier et salarié, Marine Le Pen a promis la création de 500 000 emplois dans l’industrie en 5 ans grâce à une politique protectionniste.

"Je réfute totalement l’idéologie d’une “économie sans usines”, qui ne vivrait que de services. Cette idéologie a fait long feu", a lancé jeudi la présidente du Front national, qui multiplie les interventions économiques pour soigner sa stature présidentielle.

La philosophie générale reste protectionniste. Marine Le Pen plaide pour des droits de douane aux frontières françaises, contre la Chine mais aussi au besoin vis-à-vis de pays de l’UE ce que les traités de marché unique interdisent.

Priorité aux PME françaises dans les marchés publics ou dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, "vaste campagne" de valorisation du fabriqué en France, formation de techniciens, d’ingénieurs et d’ouvriers, l’objectif final est "la création nette de 100 000 emplois par an" sur cinq ans.

Quels que soient les moyens, l’annonce semble ambitieuse si on envisage la désindustrialisation qu’a connue la France ces 30 dernières années, avec 2 millions d’emplois perdus. La part de l’emploi industriel dans la population active est tombée de 22 % à 12 %.

Selon El Mouhoub Mouhoud, professeur à l’université Paris-Dauphine, "les premiers moteurs" de la désindustrialisation ne seraient pas liés aux délocalisations mais au "progrès technique, aux gains de productivité et à la montée des services".

Concernant le protectionnisme, Alexandre Law, de Xerfi, estime que "ce qu’on gagne au niveau des importations, généralement, on le perd au niveau des exportations". Un argument réfuté par les économistes du FN qui pointent le protectionnisme traditionnel des Etats-Unis.