Langella

Bloc Identitaire

Article de Julien Langella publié le 23 juin 2011

Julien Langella ( photo ) lance au député PCF du Rhône : « Alors M. Gerin, chiche ? »

« La gauche a épousé les thèses du grand patronat avec ce discours irresponsable où il faudrait régulariser tous les sans-papiers, elle prône l’immigration comme le demandent Laurence Parisot et Christine Lagarde pour une main d’œuvre à bon marché. (…) Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique. (…) Aujourd’hui limiter y compris l’immigration régulière devient vital face une situation intenable et explosive dans des centaines de villes populaires. »

Ces propos tenus récemment par André Gerin , député PCF du Rhône, sur son blog personnel (qui annonce la couleur : « J’aime le rouge dans le respect du blanc et du bleu »), provoquent la colère de ses camarades et de SOS Racisme, toujours prompts à décerner aux uns et aux autres des blâmes pour « xénophobie ». De la même manière que les récents succès de Marine Le Pen aux cantonales, nous nous en félicitons : non pas parce que nous avons viré notre cuti en faveur de l’une ou de l’autre, mais parce que ces deux faits illustrent une libération de la parole entamée en 2009. Les propos d’André Gerin ne sont finalement rien d’autre que l’expression d’un bon sens populaire muselé, comme il le souligne lui-même, « depuis 30 ans », par l’élite qui gouverne la France et l’Europe.

Par cette sortie, le député du Rhône renoue avec une tradition « nationale » du PCF, héritière de la vieille conception stalinienne qui ne récusait pas totalement l’idée de « Nation » (non pas par je ne sais quel « identitarisme » mais plutôt par pragmatisme), et rompt ainsi avec l’internationalisme trotskyste pour qui il ne saurait y avoir de « Maison France » (l’expression est de M. Gerin). Tradition vivement défendue en 1981 par Georges Marchais, dans sa lettre au recteur de la Mosquée de Paris : « il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. »

Heureusement, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, est là pour tenir la garde devant la chambre royale des fondamentaux malmenés, estimant que « le Parti communiste Français a toujours combattu de tels discours » (L’Humanité, 20 juin dernier). En France, il y a un pays réel (vous et moi) et un pays légal (l’élite mondialisée qui vit déconnectée du peuple). Et bien, au PCF, c’est la même chose : il y a le PCF réel, c’est-à-dire ceux pour lesquels la contradiction entre la défense des travailleurs français et une posture internationaliste n’est plus supportable, et les autres, le PCF légal, idiots utiles des patrons-voyous et partisans du laissez-faire laissez-passer libéral en matière de circulation des hommes.

En somme, les honnêtes gens et les négriers. Cela est l’illustration des brèches qui courent sur le mur de la pensée unique à l’intérieur même de structures (et le PCF en est – était ? – une particulièrement éminente) qui furent à l’avant-garde de la construction de ce mur et de l’instauration du terrorisme intellectuel pour assurer sa défense. Quand la discorde s’installe chez les clercs, c’est le signe que quelque chose de profond est en train de se passer au Royaume de France… Les temps changent !

Pour autant, M. Gerin connait les limites imposées par le politiquement correct. Tout d’abord, il ne parle que de « limitation », pas d’ « interruption » claire et nette. Or, là dessus, il n’y a pas à badiner : pour permettre, si tant est que ce soit encore possible, l’instauration d’une politique d’assimilation intransigeante, encore faut-il traiter un « stock », pas un flux constant, aussi faible soit-il. Par conséquent, nous conseillons à M. Gerin, s’il veut être totalement cohérent avec lui-même, de proposer un véritable moratoire sur les migrations vers la France et l’Europe, afin d’assurer dans un premier temps l’assimilation des immigrés et fils d’immigrés qui sont déjà bien installés sur le territoire avant d’avoir maille à faire avec les prochains…

Mais cette politique est-elle seulement possible ? En effet, M. Gerin est-il crédible lorsqu’il considère qu’il faille s’engager dans une politique « d’intégration à la Nation » (« contre le voile intégral afin que la jeunesse des quartiers populaires soit au centre des priorités du pays pour la décennie à venir : une politique de l’enfance, d’éducation, d’insertion, d’intégration à la Nation ») ?

Au Bloc Identitaire, nous ne le croyons pas : ce discours assimilationniste, finalement pas si différent que celui du Front National, qui n’a toujours pas entériné la réalité de la « fracture ethnique », pouvait probablement être audible à nos compatriotes il y a 20 ans, mais il ne l’est plus aujourd’hui. A qui va t-on faire croire que l’on va fabriquer des petits Français avec ceux qui, ayant au cœur la rage des déracinés en quête d’identité, affichent ostensiblement dans nos rues leur nationalisme algérien, tunisien ou marocain ? C’est un leurre. La seule position tenable et honnête consiste à dire que le retour au pays de ces jeunes « patriotes » algériens, marocains et tunisiens est la seule issue à cette fracture ethnique. C’est une proposition courageuse. Mais c’est la seule à même de garantir la paix civile sur le long terme. La position « intégrationniste » de M. Gerin restant de l’ordre du pansement sur une jambe de bois…

Il est temps de rompre le cordon ombilical et de prendre ses responsabilités : l’Afrique a besoin de ses enfants, trop longtemps illusionnés sur un eldorado français qu’ils n’ont pas trouvé. Au Bloc Identitaire, nous pensons que l’immigration est un drame pour l’Afrique et l’Europe tout à la fois : l’émigration vide le continent noir des bras et des cerveaux indispensables à sa reconstruction ; l’immigration asphyxie le continent blanc en créant de manière irresponsable les conditions de la guerre civile.

Au berger de l’Atlas, les immigrationnistes promettent le rêve de voir ses enfants s’élever dans une société qui, dans la réalité, les cantonnera à dealer dans des cités minables et délabrées.

Aux Européens, ils jettent de la poudre aux yeux. Mais ceux-ci ne sont plus dupes. En témoignent les déclarations de M. Gerin qui, sentant le vent tourner, se sent enfin en mesure d’assumer des préoccupations que d’autres partagent au sein même de sa mouvance et de son électorat…

La libération de la parole semble s’être faite en trois temps : tout d’abord, des spécialistes, telle la démographe Michelle Tribalat, affirment le droit d’aborder ces problématiques, sans prendre parti. Ensuite, des personnalités comme M. Gerin déclarent tout de go que l’immigration n’est « pas une chance pour la France ».

Et demain, en troisième temps, qui sait ?, peut-être que M. Gerin et tant d’autres finiront par admettre qu’opposer une politique assimilationniste comme seule solution à l’échec du multiculturalisme et aux assauts migratoires du Tiers-Monde relèvent de l’illusion post-coloniale, fondée sur ce complexe de supériorité typiquement français consistant à croire que notre modèle est valable pour tous et en tout pays.

Alors M. Gerin, chiche ?