Joly_tribune

24 Heures/actu.com

édition du 15 juillet 2011

Est-il normal qu’une binationale, tardive de surcroît (Eva Joly est devenue française adulte par mariage) et née norvégienne, qui ne maîtrise qu’approximativement la langue française, soit autorisée à être candidate à l’élection présidentielle… et puisse potentiellement diriger le pays ?

Si les bonnes âmes de gauche ne manqueront pas de s’offusquer de ce débat (évidemment naturel pour l’écrasante majorité des Français), on pourrait préciser pour commencer que de nombreux pays (et pas des moindres) n’autorisent pas des binationaux à se présenter à une élection présidentielle, et que certains comme les Etats-Unis exigent que tous les candidats soient nés américains.

Il n’est pas question de racisme ou de xénophobie, mais la présidence de la République n’est pas une fonction comme une autre et représente le rempart ultime de la défense des intérêts nationaux. Quelle crédibilité aurait Eva Joly a négocié avec le gouvernement norvégien dont elle a été fonctionnaire ?

Sinon, on pourrait imaginer que Tony Blair, dont la maîtrise du Français est supérieure à celle d’Eva Joly et qui possède une résidence secondaire en France, se porte également candidat… Ou alors François Fillon, dont la femme est britannique, pourrait postuler au 10 Downing Street !

En réalité, la candidature d’Eva Joly est une aberration démocratique sans nom qui stigmatise l’immaturité politique du mouvement écologiste mais aussi hélas de nos institutions. Représenter un parti d’extrême-gauche où les bobos côtoient des hippies post-soixante-huitards, va ! Mais qu’une candidate binationale et tardivement intégrée à la France (sa sortie du 14 juillet l’illustre) est farfelu et grotesque.