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Nations Presse Info

édition du 3 août 2011

Les représentants de l’UMPS seraient-ils à court d’arguments crédibles contre Marine Le Pen ? Toujours est-il que l’on remarque ces dernières semaines des attaques non pas à l’encontre de la présidente du Front national, mais envers les membres de son état-major. A en croire l’intelligentsia, les proches et cadres nationaux du mouvement seraient de piètres idéologues, des experts sans expertise voire des conseillers fantoches…

Cédant à cette nouvelle mode, Laurent Wauquiez juge ainsi Marine Le Pen : « Elle est montée trop vite, trop tôt. Sans avoir personne à ses côtés pour alimenter la réflexion  ». Du haut de sa grande compréhension du peuple, il enfonce le clou du ridicule en affirmant à propos de l’euro : « [Marine Le Pen] n’a pas compris que les gens y étaient très attachés, qu’ils considéraient à raison la monnaie unique comme un refuge, un roc au milieu de la tempête ». Au-delà de la pauvreté de la métaphore, on ne peut qu’être abasourdi par tant de suffisance et de méconnaissance des français… Ce que ne tarderont pas à démontrer les évènements si, d’aventure, l’euro plonge définitivement la Grèce dans une faillite retentissante.

Concernant la carrière censément météorique de Marine Le Pen, Laurent Wauquiez serait bien avisé de considérer sa propre carrière : au début de celle-ci, simple suppléant de Jacques Barrot lors d’élections législatives, il n’a dû qu’à la nomination de ce dernier au Gouvernement d’entrer à l’Assemblée nationale. Cela se passait en 2004 ; dès 2007, sa cour effrénée auprès de Nicolas Sarkozy lui a permis d’être nommé secrétaire d’Etat. Depuis, il a dirigé un autre secrétariat d’Etat et deux ministères. Quatre postes en 4 ans ! Sans parler du porte-parolat. Le tout à 36 ans…

Inutile, donc, de rappeler le cursus de Marine Le Pen pour comprendre que cette dernière lutte politiquement depuis bien plus longtemps que le maire du Puy-en-Velay. Mais peut-être seuls les maroquins ministériels comptent-ils pour Laurent Wauquiez ? Si tel est le cas, reconnaissons-lui une qualité dont est dépourvue la présidente du FN : l’art de flagorner, de s’acoquiner, de séduire le bon cheval – celui qui permet d’obtenir par autrui ce que l’on ne saurait conquérir soi-même…

Les membres de l’entourage politique de Marine Le Pen, eux, n’ont pas non plus à rougir de la comparaison avec les aréopages de l’UMP ou du PS : de Louis Aliot à Marie-Christine Arnautu et Steeve Briois pour le versant politique et programmatique, en passant par Jean-Richard Sulzer, David Mascré ou Laurent Ozon pour les aspects économiques ou environnementaux, la matière grise ne manque pas ! Non plus qu’une volonté inébranlable d’œuvrer à l’avenir de la France.