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Libération

Article de Lilian Alemagna publié le 27 août 2011

Jean-Luc Mélenchon avait prévenu: «Mon adversaire, c'est elle». Elle, c'est Marine Le Pen, la présidente du Front national que le candidat du Front de gauche à la présidentielle a déjà affronté en débat mi-février sur RMC. Réunis pour leurs troisièmes «remue-méninges», les militants de son Parti de gauche (PG) ont planché ce samedi après-midi dans l'amphi 5 de l'université Stendhal de Grenoble (Isère) sur «comment lutter» contre le parti d'extrême droite.

Session studieuse devant une petite centaine d'adhérents, carnets de notes et stylos en mains, sur le thème: «comprendre et lutter contre le FN de Marine Le Pen», animé par Alexis Corbière, secrétaire national du PG. «Le Front national de Marine Le Pen doit être analysé. Ce n'est pas le Front national de Jean-Marie Le Pen», débute en introduction le conseiller de Paris. Membre du PG et ancienne journaliste du Monde spécialiste de l'extrême droite, Christiane Chombeau annonce l'objectif à ses troupes: «Aujourd'hui Marine le Pen a remis le masque social c'est à nous de démontrer ce qu'il y a sous le masque.»

«Le FN a une lecture particulière de l'histoire de France»

Passage obligé sur le FN et le syndicalisme avec un retour sur le cas de Fabien Engelmann, membre de la CGT en Lorraine puis exclu pour avoir été candidat FN aux cantonales en mars 2010. «Nous avons intérêt à mettre davantage en avant le fait que dans la vie sociale économique et politique de notre pays il y a eu un apport considérable des étrangers dans notre histoire passée, présente et future», plaide Baptiste Talbot de la CGT.

Cinquante minutes plus tard, passage express de Jean-Luc Mélenchon en fond d'amphi avant que le candidat du Front de gauche à la présidentielle ne reparte pour une interview télé. L'atelier prend la forme d'un cours magistral de deux heures, se limitant trop souvent au constat de ce qu'est aujourd'hui l'extrême droite française, plutôt que d'apporter aux troupes des arguments pour «lutter concrètement» contre le FN. «Marine Le pen parle de l'histoire de France mais il manque quelques chose...», reprend Corbière debout au micro. «La Révolution française !», répond l'auditoire avant qu'il ne termine sa phrase. «On est bon hein ?!», sourit Pascale Le Néouannic, conseillère régionale PG d'Ile-de-France qui se prépare pour le prochain atelier sur la laïcité. «Le FN a une lecture particulière de l'histoire de France», tranche Corbière. S'ensuit un court débat avec la salle.

Avant le premier meeting de rentrée du Front de gauche dimanche matin à Grenoble, l'affrontement avec l'autre «Front» que vise Jean-Luc Mélenchon en 2012 promet d'être animé.