Babel

Bruno Gollnisch

Vendredi dernier,  un communiqué de la Commission européenne indiquait  que l’UE  a élaboré une nouvelle stratégie migratoire, centrée sur la volonté  de gérer les flux de migrants générés par le « Printemps arabe ». Loin de vouloir couper le robinet,   il est expliqué que sont prévus « la conclusion d’accords de réadmission et d’assouplissement du régime des visas »  au terme de négociations avec les pays d’émigration  concernés. La France ayant largement délégué sa politique migratoire à l’Europe, nous en subirons bien évidemment directement les conséquences…  Est-ce là le signal fort attendu par nos compatriotes pour endiguer un phénomène démographique  d’autant plus inquiétant qu’il se poursuit en période de forte  crise économique, sociale et identitaire ?   Au mois d’octobre, le chômage a bondi en France de 1,2%, soit 34.000 demandeurs d’emplois supplémentaires, le chiffre officiel des chômeurs dépassant les 2 800 000… C’est dans ce contexte  que Claude Guéant se livre à un copier-coller assez ahurissant du discours du FN, quasiment au mot près.

Si Marine Le Pen expliquait il y a peu que la poursuite de l’immigration en France  bat tous les records depuis 2007 et correspond chaque année à un surcroît d’immigrés équivalent à  la ville de Rennes, le ministre de l’Intérieur  s’est inspiré de cet exemple frappant. Lors de l’émission Le Grand rendez-vous Europe 1/I-télé/Le Parisien, il a déclaré que « nous acceptons sur notre sol chaque année 200.000 étrangers en situation régulière. C’est l’équivalent d’une ville comme Rennes, c’est deux fois Perpignan. (…) Moi aussi, je trouve que c’est trop».

La présidente du FN n’a pas manqué   de dire  « merci » à M.  Guéant pour cet aveu,  puisqu’il  « permet aux Français de connaître l’effroyable bilan de la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy », «  le président de l’immigration ».Un pas en avant, deux pas en arrière :  M. Guéant, en bon agent électoral souhaite certes  rallier au panache sarkozyste les plus naïfs, mais en même temps ne pas effaroucher ses « amis » et  l’hyper-classe . Aussi sur RTL, Le ministre de l’Intérieur a précisé aujourd’hui qu’il n’avait « rien de commun avec le Front National » sur l’immigration, tout en répétant une évidence à savoir que  « pour que l’intégration se fasse », il fallait « moins d’immigrés accueillis chaque année ».

Car il  y a loin entre les bonnes intentions affichées (en direction des électeurs frontistes)  et la réalité (l’idéologie mondialiste partagée par les partis du système). Aussi, a-t-il promis non pas un arrêt de l’immigration de peuplement, mais de réduire symboliquement de 20 000 personnes par an, l’immigration légale annuelle… Pas de quoi se mettre à dos le Medef, les « autorités morales » de Bruxelles et d’ailleurs,  les principaux bénéficiaires de  cette politique de substitution de population…

Politique d’autant moins gênante pour Claude  Guéant et ses amis  que,  comme le note Bruno Gollnisch, c’est la France d’en bas qui paye l’addition.  Claude Bourrinet le constate pareillement: «  les riches, ceux qui pèsent sur l’orientation politique de la société, ceux dont les représentants, à droite ou à gauche de l’argent, décident, n’acceptent  pas dans leurs beaux quartiers, les flots d’immigrés à qui ils ont ouvert généreusement les portes du pays, et qui se massent dans des ghettos. » Les joies de la société mosaïque et plurielle c’est bon pour le populo qui continue de voter UMPS…jusqu’à la fin ?

gollnisch.com le 29/11/2011