Finul_LibanLe Monde

Par la voix de son ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, la France se déclare "déterminée à poursuivre son engagement au sein de la Finul et ne se laissera pas intimider par des actes aussi ignobles".

Deux des soldats blessés ont été transportés vers l'hôpital, alors que les trois autres — une femme et deux hommes — étaient debout, la tête bandée, l'un d'eux ayant la tête en sang, à côté de leur voiture, très endommagée. La puissante explosion a creusé un cratère profond d'un mètre, et les forces de sécurité établissaient un périmètre de sécurité alors que des centaines de badauds s'attroupaient. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) n'a pas commenté l'attaque vendredi matin.

Cette attaque a pour objectif de pousser les casques bleus français quitter le Liban pour laisser le champ libre à d'autres attaques terroristes", a accusé le président libanais, Michel Sleimane.

Lors d'une conférence de presse à Erevan, où il est en visite officielle, le chef d'Etat libanais a par ailleurs promis que "les services de sécurité feront tout pour trouver et arrêter ceux qui sont responsables de cette explosion et empêcher de telles tragédies à l'avenir".

Le 26 juillet, six casques bleus français avaient déjà été blessés par une explosion d'origine indéterminée, jamais revendiquée, qui avait touché un convoi de la Finul près de Saïda. Cela avait poussé le président français Nicolas Sarkozy à écrire, le 3 août, au premier ministre libanais, Najib Mikati, pour lui dire que la France pourrait remettre en question sa présence au sein de la Finul si un attentat semblable se reproduisait.

M. Mikati avait réagi, le 1er septembre, en déclarant que son pays souhaitait "fortement" que la France maintienne sa participation, soulignant que "la participation de la France à la Finul a aidé à favoriser un sentiment de sécurité parmi les Libanais".

"Il ne faut pas que de tels actes conduisent à l'échec du processus de paix", a déclaré M. Sleimane, vendredi, avant d'ajouter : "Je suis sûr qu'un pays comme la France, qui fait tous les efforts pour la paix dans le monde, ne cédera pas face à une telle provocation."

"Lorsque nous aurons les résultats et les recommandations" de la révision stratégique de la Finul qui est en cours, "vraisemblablement au début de l'année prochaine", "nous en tirerons les conclusions qui s'imposeront alors (...) s'agissant du dispositif français, de son périmètre, de son organisation, de son rôle" au sein de cette force, a déclaré, vendredi, Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'une conférence de presse.

Le député Marwan Hamadeh, membre de l'opposition pro-occidentale, a accusé le régime syrien d'avoir commandité l'attentat. "Pour moi, le message est clair. Ce sont les Syriens [qui sont derrière l'attaque] et le postier est le Hezbollah", a-t-il déclaré à l'AFP. "Rien ne se passe là-bas sans l'approbation du Hezbollah", a-t-il estimé.

Interrogé sur un possible lien entre cet attentat et l'implication de la France dans le dossier syrien, M. Valéro a affirmé que Paris "ne possède aucun élément dans ce sens". "Pour l'instant, nous n'avons pas eu de revendication, d'éléments qui permettraient de pointer le pendule vers tel ou tel responsable", a-t-il ajouté.

La Finul, qui compte douze mille hommes a été mise sur pied en 1978 afin de surveiller la frontière entre le Liban et Israël. La France en est l'un de ses plus gros contributeurs, avec quelque treize cents soldats. Sa mission a été prolongée et étendue après la guerre de 2006 entre Israël et les militants libanais chiites du Hezbollah, qui a fait environ douze cents morts, pour la plupart des civils.

lemonde.fr avec AFP et Reuters le 09/12/2011