Fuji_Seal_Fougerolles

L'Est républicain

Par Sébastien Michaux le 10/12/2011

Fougerolles. La nouvelle est tombée comme un coup de massue. Sonnant les salariés, qui ont alors décidé de stopper la production hier.

Chez Fuji Seal, à Fougerolles, la direction a annoncé un terrible plan social : 57 licenciements, sur un effectif de 107 salariés. Ici, au siège France d’un groupe japonais familial, acteur international de l’industrie de l’emballage, on est, comme dans les trois autres sites de production situés en Angleterre, Pologne et Pays-Bas, spécialisé dans l’impression d’étiquettes plastique pour bouteilles et autres pots de yaourts, ce que l’on appelle dans le jargon du métier des «manchons thermorétractables». Autrement dit, des produits épousant la forme du contenant par le truchement d’une montée en température.

Un secteur a priori porteur, puisqu’essentiellement tourné vers l’agroalimentaire. Sauf que les appels d’offres internationaux des multinationales que sont Nestlé ou Coca suscitent une vive concurrence. Or, en France, Fuji Seal s’avère insuffisamment compétitif. Ici, les pertes se montent à 3 M€ en l’espace de cinq, ans, en dépit d’une accalmie en 2010, année marquée par un résultat net de près de 200.000 €. Et quelques embauches. Mais, depuis, rien ne va plus. Et ce ne sont pas les plus de 10 M€ d’investissements consentis par le groupe Fuji Seal, ayant repris le site fougerollais en 2002 alors sous l’appellation «Les ateliers d’impression Pierre Buriot», qui ont pu enrayer la tendance. Conséquence : le déficit prévisionnel 2011 dépasse la barre du million d’euros. Terminé le temps où l’on travaillait sept jours sur sept : en septembre, les équipes du week-end ont disparu.

Au vu des sombres perspectives pour 2012 et 2013 sur un marché tendu, la direction s’est résolue à mettre en œuvre un vaste plan social, par le biais notamment d’un plan de sauvegarde de l’emploi dont les mesures, assure la direction, « sont destinées à favoriser et à assurer un reclassement efficace de l’ensemble des salariés dont le poste n’aura pu être préservé ».

Se recentrer sur des produits à plus forte valeur ajoutée

Objectif : sauver le site. « Fuji Seal France se donne deux ans pour redresser l’entreprise et renouer avec l’équilibre dès 2012. » Comment ? En se recentrant sur la fabrication de produits à plus haute valeur ajoutée, par exemple à destination des cosmétiques, où la couleur est un plus technologique.

L’idée est donc de repositionner l’entreprise sur les petites et moyennes séries. Au détriment des grandes, celles qui alimentent l’agroalimentaire, dont la rentabilité est plombée par le coût de la main-d’œuvre française. Stratégie qui expliquerait le départ annoncé pour la Pologne d’une machine d’impression coûtant plusieurs millions d’euros

Dans ce secteur de la Haute-Saône, fortement impacté par le chômage, le député Michel Raison, qui n’a pas encore annoncé sa candidature aux prochaines législatives, était dès hier auprès de la direction. Et veut croire en la sincérité du groupe. Le délégué CFDT, Philippe Poy, lui, s’interroge. S’il reste circonspect quant à l’avenir, il n’est pas inquiet pour les clients après l’arrêt de la production hier : « Avec le stock dont on dispose, ça ne dérangera personne. » La reprise du travail est annoncée pour lundi. Deux jours plus tard, une rencontre est prévue avec la direction.

Le week-end s’annonce. Quant aux fêtes de fin d’année…