euro_poidsLe Gaulois

Qu'est-ce qui se passe quand vous tentez un arrêt à froid d'une des pires spirales d'endettement que le monde ait jamais vu? Eh bien, c'est ce que nous allons voir.

Les politiciens en Europe ont décidé qu'ils allaient "prendre des mesures" et mettre des limites strictes sur leur déficit budgétaire. Ils ont également décidé que la Banque Centrale Européenne ne va pas se livrer des rachats massifs de dette de PIIG. Cela rassure les citoyens, mais la réalité est qu'il y a toujours "des larmes et du sang" à chaque fois qu’une spirale d'endettement massive est interrompue.
 
Il suffit de regarder ce qui s'est passé en Grèce. La Grèce a été contrainte d'augmenter les impôts et de mettre en œuvre des mesures d'austérité brutale. Cela a causé une récession de l'économie  et fait chuter les recettes fiscales. Les chiffres de la dette publique ne se sont pas améliorés du tout, c'est même les pires jamais vu. Ainsi la Grèce a été contrainte de mettre en œuvre des mesures d'austérité encore plus brutales (le cercle vicieux). 100 000 entreprises ont fermé et un tiers de la population vit dans la pauvreté.
 
Mais maintenant, l'Allemagne et la France entendent imposer la «solution grecque" au reste de l'Europe. Cela va créer les conditions nécessaires pour un «tsunami financier» et le système financier européen se dirige maintenant vers une implosion historique.
 
L'Europe a décidé de faire quelque-chose qui est sans précédent dans l'ère post-Seconde Guerre Mondiale. Ils ont décidé de mettre des limites très strictes sur les déficits budgétaires et imposer des sanctions sévères à tout pays qui enfreindrait les règles. Ils ont aussi décidé qu'ils ne vont pas permettre à la Banque Centrale Européenne de financer les dettes des pays en difficulté.
 
Sans aucun doute, voilà une solution allemande pour une Europe, dominée par l’Allemagne. Le capitalisme Rhénan ne veut pas payer pour les erreurs des autres pays de l'UE.
 
Cette solution peut provoquer un effondrement financier massif. Les 17 arguments suivants sont des signes que le système financier européen se dirige vers une implosion dans des proportions dantesques.
 
# 1. Comme indiqué précédemment, lorsque vous réduisez les dépenses publiques, vous ralentissez également l'économie. Nous avons déjà vu ce que l'austérité brutale a fait pour la Grèce : 100 000 entreprises ont fermé, un tiers de la population vit dans la pauvreté et il y a des émeutes dans les rues.
 
# 2. Comme l'économie ralentit en Europe, le chômage va augmenter. Il y a déjà 10 différentes nations européennes qui ont un taux «officiel» de chômage de plus ou moins 10 pour cent et la prochaine récession n'a même pas encore officiellement commencé.
 
# 3. Les nations de l'UE qui croulent sous les dettes auront probablement besoin de milliers de milliards d'euros de renflouement simplement pour survivre. Mais l'Allemagne et les autres nations riches de l'Europe du Nord sont malades et fatigués des sauvetages.
 
# 4. La Banque centrale européenne pourrait théoriquement imprimer des euros et acheter des quantités massives de dette souveraine européenne, mais la plupart des politiciens importants en Europe sont résolument contre. Mais sans une telle intervention massive de la BCE, il est difficile d'imaginer comment la zone euro pourrait rester unie. Graeme Leach, chef économiste, déclare : "Sauf si la BCE commence à fonctionner en tant que prêteur en dernier ressort, avec des achats massifs de dettes publiques, l'inexorable logique est que la zone euro va se disloquer."
 
# 5. Le nouveau traité qui vient d'être accepté sera ratifié d'ici la fin de l'été. En réalité, il faudra probablement beaucoup plus que cela. La chancelière allemande Angela Merkel a clairement fait savoir que la solution à cette crise de la dette va prendre un certain temps pour être mise en œuvre. Malheureusement, l'Europe ne dispose pas d'années. L'Europe est à court de temps. Une crise financière massive n'est qu'un rouleau compresseur, l'Euro zone a  besoin de solutions efficaces et rapides immédiatement.
 
# 6. Malheureusement, la dure réalité de l'affaire, c'est qu'aucun des problèmes fondamentaux que connaît l'Europe n'a été réglé par ce récent "accord". Il n'y a aucune émission de dette commune, pas de transferts fiscaux, pas de Trésor de l'UE, aucune licence bancaire pour le fonds de sauvetage MSE et, enfin, aucun changement dans le mandat de la BCE. En bref, il n'y a pas d'avancée qui saurait convaincre les investisseurs asiatiques que cette union monétaire a une gouvernance viable ou même un avenir. L'Allemagne a gardé l'accent exclusivement sur les déficits budgétaires, même si tout le monde doit comprendre maintenant que cette crise n'a pas été causée par des déficits budgétaires (sauf dans le cas de la Grèce). L'Espagne et l'Irlande étaient en excédent, et l'Italie avait même un excédent primaire.
 
# 7. Personne ne veut prêter à des banques européennes en ce moment. Tout le monde sait qu'il y a des dizaines de banques européennes en danger de faillite imminente, et personne ne veut plus jeter d'argent dans ces trous noirs. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne leur ont prêté de l'argent, mais beaucoup de banques européennes commencent déjà à manquer de «formes acceptables de garantie" pour ces prêts. "Si quelqu'un pense que les choses vont mieux, c'est qu'il n'a tout simplement pas compris à quel point les problèmes sont graves, commente un dirigeant à Londres. "Une grande banque pourrait s'effondrer dans quelques semaines", affirme Charles Wyplosz, professeur d'économie internationale à l'Institut universitaire de Genève. Absolument certain que nous allons assister à un grand effondrement de banques européennes, il ajoute : "Les banques vont s'effondrer, y compris éventuellement un certain nombre de banques françaises qui sont très exposées à la Grèce, au Portugal, à l'Italie et  à l'Espagne."
 
# 8. Les grandes banques dans toute l'Europe sont également en train de radicalement couper l'accès au crédit à la consommation et aux entreprises. Les banques en Europe doivent faire face à une contraction de 7000 milliards de dollars de prêts pour mettre leur bilan en conformité avec les États-Unis et le Japon, menaçant de piéger la zone Euro dans une crise de crédit et la pire dépression jamais vue depuis les années 30. Quand personne ne veut plus prêter aux banques, et quand les banques réduisent fortement leurs prêts, cela s'appelle un «credit crunch». Dans un tel environnement, il est incroyablement difficile d'éviter une récession majeure.
 
# 9. les banques européennes sont absolument surchargées d'«actifs toxiques» qu'elles cherchent désespérément à écouler, tout comme nous l'avons vu avec les banques américaines en 2008. Les grandes banques européennes sont occupés à essayer de décharger les montagnes d'actifs sans valeur qui ont une valeur comptable de plusieurs billions (1000 milliards) d'euros . Malheureusement pour ces banques, pratiquement personne ne veut les acheter.
 
# 10. Les rendements obligataires européens sont encore incroyablement élevés, même si la Banque centrale européenne a déjà consacré plus de 274 milliards d'euros pour acheter des emprunts d'État européens. Mais la BCE va être à court de moyens pour continuer à soutenir les pays en crise obligataire : les Allemands devront permettre à la BCE d'imprimer de l'argent pour acheter des obligations ou le marché déterminera la valeur "réelle" des obligations d'État européennes ce qui fera exploser les taux car une obligation voit ses taux augmenter quand sa valeur diminue.
 
# 11. Les rendements obligataires vont devenir encore plus importants en 2012, en raison d'énormes montagnes de dette souveraine européenne devant être renouvelés l'année prochaine. Par exemple, l'Italie doit réémettre environ 20 pour cent de sa dette souveraine qui arrivera à terme en 2012. Ce qui donne approximativement 400 milliards : qui va lui prêter cette somme et à quel taux ?
 
# 12. Une fois que le nouveau traité sera ratifié, les gouvernements de la zone euro vont perdre la capacité de répondre à une importante récession en augmentant considérablement les dépenses du gouvernement. Donc, si les gouvernements de l'Europe ne peuvent plus dépenser plus d'argent en réponse à la crise financière à venir (comme la France après 2008), et si la BCE ne peut pas imprimer plus d'argent en réponse à la crise financière à venir, alors qu'est-ce qui empêchera la récession à venir de se transformer en une véritable dépression?
 
# 13. Les agences de notation ont prévenu que plus de déclassements de créances sont à venir en Europe. Par exemple, Moody's a récemment déclaré ce qui suit : "Bien que notre scénario central reste que la zone euro sera préservée sans autre défaut généralisé, les chocs susceptibles de se concrétiser, augmentent la probabilité de scénarios plus sévères, y compris ceux impliquant de multiples défauts de pays de la zone euro entrainant une sortie de la monnaie unique. "
 
# 14. Standard & Poor's a mis 15 membres de la zone euro (y compris l'Allemagne) sous la menace d'un déclassement de crédit possible.
 
# 15. Le prix des actions de plusieurs grandes banques européennes sont en train de s'effondrer. Si vous en doutez, allez jeter un œil sur les valeurs bancaires du CAC40.
 
# 16. Des débuts de panique (bank run) ont commencé dans certaines parties de l'Europe. Par exemple, un récent article publié sur Yahoo décrit ce qui s'est passé en Lettonie. La plus grande banque de Lettonie a du essuyer une véritable panique parmi ses déposants qui ont été effrayés par des rumeurs d'une faillite imminente de la banque. Le système bancaire grec est littéralement sur le point de s'effondrer. Selon un récent article de Der Spiegel, la ruée sur les banques grecques s'accélère rapidement.
 
# 17. Il y a déjà des signes que l'économie européenne a vraiment commencé à ralentir. Il suffit de considérer les statistiques suivantes à partir d'un récent article de Stephen Lendman. En Novembre, la confiance des entreprises françaises a baissé pour le huitième mois consécutif. En Octobre, les commandes de machines japonaises ont chuté de 6,9%, après un plongeon de 8,2% en Septembre. L'Afrique du Sud, vient d'annoncer une baisse de 5,6% de l'activité manufacturière. La Grande-Bretagne a enregistré une baisse de 0,7%. Les exportations chinoises d'Octobre ont baissé de 1,7% après avoir baissé de 3,8% en Septembre. Les exportations de la Corée du sud sont en baisse sur trois mois consécutifs. L'Indonésie a plongé de 8,5% en Octobre, après avoir reculé de 2% en Septembre. L'Inde s'effondre de 18,3%, après avoir stagné en Septembre.
 
L'équation est simple .... À moins que quelque chose de vraiment spectaculaire se produise, l'économie européenne est devenue un canard boiteux. Il n'y a aucun moyen pour que l'Europe réduise considérablement le flux d'argent venant des gouvernements nationaux tout en réduisant considérablement le flux d'argent venant des banques et soit toujours en mesure d'éviter une récession majeure. Une  «tempête économique gigantesque» se développe en Europe. Toutes les pièces du puzzle pour une importante récession se mettent en place.

Source (Merci à JPB2)