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Grégory Gennaro

Tribune politique de Grégory Gennaro du 15/01/2012

Depuis quelques mois, la France semble touchée par une curieuse épidémie. Nogent-sur-Marne, Nice, Chartres, Montpellier, Marseille… Toutes ces villes sont frappées du virus de « l’anti-mendicité ». Les symptômes sont à chaque fois les mêmes : un beau jour, le Maire arrive tranquillement en Conseil municipal, et, tout à coup, décide de prendre un arrêté « anti-mendicité » pour « remettre de l’ordre » ! Ce virus doit sans doute attaquer le système nerveux de nos dirigeants, car ceux-ci se mettent alors à avoir un comportement tout à fait incohérent aux yeux de n’importe quelle personne saine d’esprit. Par exemple, à Marseille, alors que le Préfet nommé par le pouvoir a lui-même déclaré récemment qu’il y avait « plus de kalachnikovs qu’à Kaboul ! », M. Jean-Claude Gaudin a estimé que la priorité en matière de sécurité de la ville n’était pas d’aller faire un tour dans des quartiers où la police ne rentre plus depuis longtemps, mais de se protéger des pauvres dont le crime est de demander un peu d’argent pour pouvoir se nourrir ! C’est dire si ceux qui sont atteints par ce virus ont visiblement des facultés de jugement défaillantes !

Je ne suis certes pas médecin, mais mon simple bon sens me fait croire que derrière le virus anti-mendicité doit se cacher une cause bien plus profonde. En fait, et tous les spécialistes le confirmeront sûrement, le virus anti-mendicité ne peut à mon avis atteindre qu’un organisme profondément affaibli. Je pense même qu’il ne frappe que les corps déjà touchés par une grave maladie : le syndrome de Tartuffe ! Tartuffe, vous le savez, est ce personnage de Molière, faux dévot censé faire l’admiration de la Cour comme ceux d’aujourd’hui font l’admiration de l’oligarchie en place, et qui, voyant une femme à ses yeux insuffisamment vêtue lui crie : « Cachez ce sein que je ne saurais voir ! ». Eh bien lorsque ce syndrome de Tartuffe frappe un corps politique, les globules ministériels et municipaux qui le gouvernent sont tout à coup détraqués et demandent à cacher les problèmes qu’ils ne sauraient affronter ! Ce qui, irrémédiablement, se traduit très vite par une dégénérescence totale de l’organisme et la nécessité pour toutes les cellules populaires de s’unir, afin de remplacer les globules défaillants par de nouveaux globules plus efficaces. D’ailleurs, un double vaccin présidentiel et législatif est souvent le meilleur moyen pour permettre à ces cellules d’agir !

Il ne s’agit pas pour moi de faire de l’esprit. Il s’agit de vous mettre en garde, vous, les gens qui me lisez. Car la France est réellement un corps vivant, une société dans laquelle toute attaque contre l’une de ses parties menace la totalité de l’organisme. Et ces cellules qui doivent réagir, c’est vous ! Si vous ne le faîtes pas, en médecine comme en politique, une mort certaine vous attend.

Vous devez réagir quand nos dirigeants s’attaquent aux pauvres parce que ce sont les seuls à ne pas pouvoir se défendre ! Le grand patronat qui fait pression sur le pouvoir pour laisser entrer l’immigration, les politiciens corrompus, les banquiers qui nous ont menés à la crise, eux sont bien trop puissants pour qu’un arrêté « anti-escroquerie politique et économique » ne soit jamais pris un jour ! On ne peut pas en dire autant, hélas, d’un SDF…

Vous devez réagir quand nos dirigeants invoquent comme prétexte à un acte déjà ignoble le fait de nous protéger de la délinquance d’origine étrangère ! En voilà un bon moyen, pensent-ils, de flatter l’électorat Front National ! Vous devez leur prouver que ce que nous réclamons, nous, c’est tout autre chose ! Nous voulons couper l’immigration à sa racine, nous voulons dire aux patrons que nous ne leur offrirons plus de la main-d’œuvre bon marché, nous voulons aider ces populations chez elles plutôt que leur faire croire à un Eldorado qui n’existe pas chez nous ! Mais en aucun cas nous ne voulons les confiner dans la misère pour leur demander ensuite de se cacher ! Jean-Marie Le Pen, qui fut le premier homme politique français à demander un moratoire sur la dette des pays en développement, pourrait témoigner le premier que notre souhait est certes de protéger les français, mais certainement pas d’accabler des pauvres que nos gouvernements ont eux-mêmes fait entrer chez nous pour les laisser ensuite errer dans les rues !

Vous devez réagir chaque fois que les gens que vous avez portés aux responsabilités sont pris en flagrant délit d’hypocrisie, et il ne saurait y avoir de plus grande fourberie que celle qui consiste à faire dégager de la voie publique des problèmes que l’on n’a pas le courage d’affronter en face !

Ce courage, nous, nous l’avons, nous dénonçons sans relâche les maux qui accablent chaque jour davantage les français et en particulier les plus démunis, et c’est en leur nom que je vous demande de nous aider à renverser ce système acculé à la faillite pour le remplacer par des hommes et des femmes de conviction, de cœur et d’humanité, qui dans l’opposition se font la voix du peuple, et qui demain au pouvoir seront la force du peuple !