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Le Monde

Françoise Fressoz, éditorialiste du Monde , sur son blog se pose la question suivante en parlant de la candidate des patriotes : Et si Marine Le Pen n'obrenait pas les 500 signatures ?

L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.

Par Françoise Fressoz le 31/01/2012

Et si ce n'était pas du bluff ? Et si Marine Le Pen ne parvenait pas à déposer les 500 parrainages nécessaires à sa candidature le 16 mars ?

Il est toujours difficile de faire la part du vrai et du faux avec le Front national, qui peut tirer profit à se victimiser sur le dos de l'UMP et du PS. Il faut cependant rappeler qu'en 2007, Jean-Marie Le Pen  n'avait obtenu que 507 signatures et qu'à l'heure actuelle, c'est-à-dire un mois et demi avant la date à laquelle les candidats doivent déposer leurs parrainages au Conseil constitutionnel, il n'en annonce que 300 à 400 pour sa fille.

"Vous ne voulez quand même pas que je m'occupe d'elle aussi !", s'est exclamé dimanche Nicolas Sarkozy en réponse aux journalistes qui l'interrogeaient sur une éventuelle absence de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012. Pour le moment, c'est à cette version que s'en tient l'UMP. "Il y a 40 000 parrains possibles", affirme le ministre de l'intérieur Claude Guéant en faisant la somme des élus habilités à soutenir les candidats. "Si Marine Le Pen ne parvient pas à obtenir ses signatures, c'est parce qu'elle n'est pas crédible", renchérit le patron de l'UMP, Jean-François Copé.

En réalité, le parti présidentiel est pris dans la nasse. S'il ne fait pas un geste pour aider Marine Le Pen, le FN se vengera aux élections législatives de juin. S'il l'aide à obtenir ses signatures, il ne facilite pas la tâche de Nicolas Sarkozy, qui se trouve concurrencé par une extrême droite créditée de 19 à 20 % des suffrages et un centre en progression.

Le débat divise les élus. Le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, estime qu'un parti qui recueille autant d'intentions de vote ne peut pas ne pas être représenté à la présidentielle. Le libéral Hervé Novelli est sur la même longueur d'onde.

L'UMP n'exclut donc pas, au bout du compte, de devoir faire un geste mais si elle le fait, elle ne veut surtout pas être la seule à s'impliquer. Elle veut aussi mouiller le Parti socialiste, lequel fait la sourde oreille et invoque le souvenir du 21 avril 2002 pour expliquer que les élus socialistes ont pour consigne de soutenir le candidat socialiste.

Marine Le Pen est la patate chaude de cette pré-campagne.