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Par Europe1.fr avec AFP le 12/02/2012

Une journée cruciale pour le pays. Les députés examinent un nouveau plan de redressement.

Des manifestations importantes ont accompagné, dimanche, l'ouverture par le président du parlement grec, Philippos Petsalnikos, du débat sur le nouveau plan de redressement. A l'issue d'un débat mené en procédure d'urgence, le Parlement doit voter, à partir de minuit, le projet de loi. L’UE et le FMI exigent en effet son adoption pour sauver la Grèce de la faillite et assurer son maintien dans l'euro.

Ce projet de loi a reçu le soutien des deux partis au gouvernement de coalition (socialiste et conservateur). Il a néanmoins provoqué de sérieux remous et fissures, avec la démission de six ministres durant la semaine.

100.000 Grecs dans la rue

Pendant que les parlementaires débattaient, quelque 80.000 personnes, selon les derniers chiffres de la police, se sont rassemblées à Athènes devant le Parlement, à l'appel des syndicats, pour protester contre ce nouveau plan d'austérité Les manifestants et la police se sont affrontés violemment. Dans le centre ville, les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres contre les forces anti-émeutes.

La situation est restée "hors de contrôle" pendant plus de deux heures, selon une source policière. Plus de dix bâtiments, vides, étaient en flamme dimanche soir dans le centre d'Athènes, incendiés pour la plupart par des jets de cocktails Molotov.

A Salonique, la deuxième ville du pays, la police a dénombré 20.000 manifestants. Des heurts ont également éclaté entre les manifestants et les policiers qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

Un climat tendu depuis plusieurs jours

Ces derniers jours, les Grecs sont déjà descendus dans la rue pour protester contre l’abaissement de 22% du salaire minimum (et de 32% pour les jeunes de moins de 25 ans) et de la dérégulation du marché du travail. Ils s’opposent également à la réforme des retraites complémentaires, de la fiscalité et de la justice, l'ensemble.

Les syndicats dénoncent le "chantage" de la troïka des bailleurs de fonds du pays.

Le gouvernement de coalition socialiste-conservateur de Lucas Papademos détient une majorité théorique assez confortable de 236 voix sur 300 au Parlement. Si le texte est voté, le Premier ministre Lucas Papademos recevra mandat du parlement pour réaliser les réformes d'austérité demandées par les partenaires européens et créanciers de la Grèce en échange d'un nouveau prêt d'au moins 130 milliards d'euros pour lui éviter la perspective d'une faillite rapide.

Dette réduite à 120% du PIB

Le vote portera aussi sur un programme d'échange d'obligations réduisant sa dette à 120% du PIB d'ici 2020. Enfin, les députés voteront sur un schéma de recapitalisation des banques grecques prévoyant la possibilité d'une nationalisation douce si elles ne trouvent pas les moyens de se recapitaliser dans le secteur privé dans les mois à venir.

Si le pays renonçait aux efforts demandés par les bailleurs de fonds, l'Etat serait "incapable de payer les salaires, les pensions et de maintenir des services de base comme les hôpitaux et les écoles", a prédit le Premier ministre en expliquant aux Grecs la "responsabilité historique" que prendra le parlement dimanche.

L’appel des créanciers privés

"Je veux encourager les députés à voter", a déclaré dimanche au quotidien Kathimérini, Charles Dallara, le négociateur pour les créanciers privés de la restructuration de la dette grecque. Les députés grecs "doivent comprendre ce qui est en jeu et reconnaître qu'au delà de la rigueur (...) il y a des profits nombreux et tangibles pour la Grèce et le peuple grec", a-t-il ajouté.