Tribune_politique_de_GGrégory Gennaro

Tribune politique de Grégory Gennaro du 17/02/2012

Je prends la plume aujourd’hui pour dire à François Hollande le mot qui me brûle les lèvres depuis maintenant trois jours que j’ai lu ses déclarations dans le journal britannique The Guardian : Merci. Oui, merci François Hollande, merci de tout cœur. Nous en rêvions secrètement, mais n’osions pas en espérer autant. Nous nous efforcions, tant bien que mal, de montrer la vérité aux Français, d’ouvrir leurs yeux. Moi-même personnellement, je m’employais à répéter à tous ceux que je croise chaque jour, dans la rue, dans les cafés, sur les marchés, que M. Hollande n’était pas le « vote utile » pour ceux qui souhaitaient exprimer leur ras-le-bol social dans les urnes, que M. Hollande était l’homme de la finance internationale autant que M. Sarkozy, que sa candidature ne pouvait et ne devait pas séduire les ouvriers, les chômeurs, les retraités et tous ceux qui souffrent dans notre pays.

Je le disais, oui, et depuis déjà longtemps, mais aucun de mes discours n’aurait pu avoir la force de la démonstration magistrale, sublime et stupéfiante que François Hollande lui-même est venu nous en apporter ! Nous n’avons jamais vu ça. Un candidat à l’élection présidentielle  qui caracole en tête des sondages vient de se suicider, de se saborder, de s’auto-détruire ! Le candidat prétendument « socialiste » a déclaré à la presse anglo-saxonne que ses amis d’outre-Manche n’avait aucun soucis à se faire : la gauche est devenue libérale depuis longtemps ! D’ailleurs, on n’a jamais autant privatisé que sous Jospin. C’est ce que les adversaires de M. Hollande répètent à tort et à travers, mais voilà que, pris d’un incroyable élan de sincérité, l’ancien Premier secrétaire du PS s’en va le crier à la face du monde !

Le masque est donc tombé. Et en tombant, il nous a révélé deux réalités cruciales que chacun devra avoir à l’esprit au cours de cette élection présidentielle.

La première réalité concerne la personnalité de François Hollande. Car on se demande bien comment les Français vont pouvoir faire confiance à un homme qui dit à chacun ce qu’il souhaite entendre, qui tient un discours tonnant  contre le monde de la finance devant un parterre de militants socialistes, puis qui s’assume ouvertement libéral devant les grands représentants de la presse capitaliste ! Gageons qu’il sera aussi pour le mariage homosexuel à la Gay Pride avant d’être contre devant les Catholiques corréziens, qu’il sera pour l’augmentation des budgets de la Défense en rencontrant les militaires et pour leur diminution lorsqu’il tentera de séduire les bobos pacifistes des Verts, qu’il sera contre la réouverture des maisons closes en présence des associations féministes et qu’il plaidera en sa faveur quand il en discutera avec son ancien ami Dominique Strauss-Kahn… Une sorte de politicien-caméléon, en somme, qui prend la couleur du milieu ambiant, dépourvu de toute vision à long terme.

La deuxième réalité est la plus grave. Ce que François Hollande nous a révélé, ce n’est pas seulement son absence totale de personnalité et d’envergure politique, c’est aussi la nature profonde de la gauche française. Car M. Hollande ne ment pas : la gauche est effectivement devenue libérale, la gauche est effectivement celle qui a le plus privatisé dans l’histoire politique française, la gauche est effectivement celle qui a le plus souvent trahi les classes sociales les plus défavorisées, celles qui l’avaient fait élire. Tout cela Hollande le sait bien, et il a même dû avoir tout le loisir d’en discuter avec son ami M. Papandréou, ancien premier ministre grec et actuel président de l’internationale socialiste, en siégeant à ses côtés au Parlement européen, dans le même groupe que lui !

Les Français doivent comprendre une fois pour toute que ce que l’on appelle encore la « gauche » n’est rien d’autre aujourd’hui que l’anesthésiant qui, à coup de beaux discours, permet de les endormir pour mieux faire passer les mesures ultra-libérales les plus radicales. Comme le disait déjà Philippe Seguin, la droite et la gauche sont deux détaillants qui ont le même grossiste : l’Europe. L’Europe de Bruxelles qu’elles servent et qui leur impose les politiques de rigueur drastique et criminelle que nous connaissons.  Le clivage qui se dessine désormais ne se joue plus entre droite et gauche, mais entre mondialistes libéraux et patriotes sociaux !

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