Foot islamiquePrésent

Par Caroline Parmentier le 07/07/2012

La FIFA (Fédération internationale de Football Association) a décidé d’autoriser les joueuses de religion islamique à porter le voile en match. Toujours plus, toujours mieux. Après la racaille attitude des Bleus et la culture de cité, les femmes voilées sur le terrain.

La mainmise par le fric des Pays du Golfe sur le foot international et français, le poids économique du Qatar qui organisera la Coupe du monde en 2022 et dont la chaîne Al-Jazira Sport a acheté les droits de retransmission de matchs, ne se fait décidément pas sentir du tout. C’est à vous dégoûter définitivement du football. Quand mon fils de 10 ans, passionné du ballon rond et tenant du titre du record de « jongles » des U11 Poussins du Villepreux Football Club, sera à peine plus grand, la prière cinq fois par jour tourné vers La Mecque sera-t-elle devenue obligatoire sur le terrain et le sandwich jambon interdit ?

L’autorisation du port du voile demandée par la Confédération asiatique (AFC) et le Prince Ali Bin al Hussein de Jordanie, un des six vice-présidents de la Fifa, avait bénéficié en mars d’un « accord de principe » de l’Ifab qui avait toutefois souhaité attendre le « résultat d’un examen accéléré de toutes les questions liées, notamment sur le plan de la santé et de la sécurité ». Des fois que les footballeuses se prendraient les crampons dans le voile ?

« La mesure est désormais totalement approuvée », s’est réjoui Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA.

Adoptée « à l’unanimité », cette mesure bénéficiera d’abord d’une période d’essai. La couleur, le design et la nature même des voiles seront débattus en novembre à Glasgow lors d’une réunion de l’IFAB… Il faut organiser et « merchandiser » la dhimmitude maintenant qu’elle est installée. Demandez chez Décathlon le voile de votre équipe de foot préférée ! Et portez-le fièrment.

Dans le monde musulman, la nouvelle a été accueillie dans la liesse.

« C’est une bonne nouvelle pour nous. C’est bon pour la communauté musulmane », déclare Alex Soosay, secrétaire général de la Confédération asiatique de football, dont le siège se trouve à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, pays majoritairement musulman.

Les pays du Golfe applaudissent

Les monarchies du Golfe ont aussi salué cette nouvelle.

« Cette décision, attendue avec impatience, fait notre très grande joie », renchérit la présidente de la commission du sport féminin au sein de la fédération koweïtienne de football (FKT), cheikha Naïma Al-Sabah, dont la sélection féminine de football participe à diverses compétitions, tout comme celles des Emirats arabes unis, du Qatar et de Bahreïn.

Ça ne changera rien en revanche pour le sultanat d’Oman ni pour la très ouverte Arabie Saoudite où les femmes sont de toute façon interdites de toute activité sportive publique.

Les seules à réagir pour le moment ce sont les féministes. Les seules apparemment que le port du voile sur le terrain de foot semble déranger. Ni laïcs ni responsables des autres religions n’ont encore ouvert leur bec.

« Ni Putes Ni Soumises » a dénoncé une « régression ». Quelle régression ? Un retour au Moyen-âge chrétien aussi ? Qui a jamais voulu voiler les femmes en France à part l’islamisme d’aujourd’hui ?

Depuis quand la règle religieuse s’impose-t-elle au sport ? Après avoir longtemps résisté, le Board, organe garant des lois du football, a accepté une modification majeure de son règlement, qui théoriquement exclut toute forme d’expression politique ou religieuse sur les terrains. Elle a été réclamée par les dirigeants musulmans. Derrière cette décision se cachent à la fois le mépris total des femmes et la toute suprématie de l’argent. Les gens de la Fifa et du CIO (Comité international olympique) sont clairement achetés.

Avant les pays du Golfe c’est l’Iran qui était à l’avant-garde de la bataille pour l’autorisation du voile islamique. Le pays avait même porté plainte contre la Fifa après avoir été empêché en juin 2011 de disputer un match de qualification aux JO 2012 contre la Jordanie, en raison de l’interdiction du voile islamique.

A Narbonne (Aude), un arbitre avait refusé de diriger un match entre Narbonne et le Petit-Bard Montpellier, les joueuses visiteuses s’étant présentées sur le terrain la tête couverte d’un foulard. C’est lui désormais qui risque le carton rouge.

Et souvenons-nous des JO de Barcelone de 1992, où l’athlète algérienne Hassiba Boulmerka avait été menacée par les islamistes, car elle avait couru en short. Elle avait répondu avec beaucoup de cran que ça ne lui viendrait pas à l’esprit d’entrer dans une mosquée avec un short, mais que sur une piste d’athlétisme, elle respectait les règles.