Ch_teau_de_Cleron

Le Pays

Par Claude Mislin le 05/08/2012

Le château de Cléron, dans le Doubs, que l’on aperçoit dès l’entrée du village en venant de Besançon, non loin d’un pittoresque pont sur la Loue, a la particularité d’avoir toujours eu des habitants.

C’est Humbert de Cléron qui a entrepris de construire cette maison forte ou fortifiée en 1320. « Il y avait sûrement quelque chose avant à l’époque romaine, mais il ne reste pas de traces », explique Claude de Montrichard, mémoire du lieu et « intendante » du château depuis une trentaine d’années.

C’est en tout cas grâce à elle que le château peut être visité depuis les années 70. À vrai dire, elle prend plaisir à commenter l’histoire de cette « maison de famille », non sans quelques brins de provocation. Le château appartient à ses ancêtres, les Montrichard, depuis 1850. De 1320 à 1691, il est resté aux mains des Cléron, puis est devenu propriété des Terrier qui l’ont transféré, via un mariage, aux Montrichard.

Du coup, seules trois familles ont occupé le château de Cléron. Les rénovations et aménagements successifs se sont faits dans la durée. « C’est parce que chaque génération, pendant plus de 650 ans, a entretenu Cléron et lui a apporté les marques de son époque, que ce bâtiment est encore debout et vivant aujourd’hui », affirme avec conviction Claude de Montrichard, rappelant que le château a été brûlé deux fois en 1480 par les troupes de Louis XI et en 1639 par les Suédois du duc de Saxe-Weimar.

« Chaque génération a laissé ses traces. C’est ce qui fait l’épaisseur du château. C’est un mélange de styles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’est pas classé », poursuit la propriétaire.

Le château fait cependant l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 6 juillet 1988. « Les Montrichard lui ont rendu sa sévérité et sa simplicité. Maison forte à l’origine elle a été agrandie au cours des siècles et aménagé selon les besoins du temps », complète Claude de Montrichard.

Avant le XII e siècle, la famille des seigneurs de Cléron, qui a succédé à la famille des seigneurs de Scey, assurait le contrôle du passage de la Loue qui se trouvait sur l’une des anciennes routes du sel entre Besançon et Salins-les-Bains. Un endroit stratégique qui a assuré la prospérité de la région au Moyen-Âge. Avec une vue à cinq kilomètres alentours, le château offrait une garantie préventive face aux brigands ou aux envahisseurs.