Police_CanabisLe Progrès

Le Marseillais rentrant de Paris avec une passagère pour donner le change avait été interpellé à la suite d’une course-poursuite sur la rocade est.

Renseignement anonyme ou coup du sort ? La procédure ne le dit pas mais lorsque la BAC se trouvant opportunément ce 24 juin sur la rocade est à la hauteur de Décines-Charpieu repère un conducteur au comportement suspect au volant de son Scénic, elle tire le gros lot. Pris en chasse pour une conduite jugée dangereuse, Paul Boggio, 47 ans, tente par tous les moyens de se sortir de ce mauvais pas. D’autant qu’il sait que sur la banquette arrière il y a là 300 kilos de résine de cannabis conditionnés dans des sachets. Il percute la voiture de particuliers puis essaye de repartir en accrochant le véhicule de police mais c’est déjà trop tard

À l’intérieur, l’équipage qui a eu le nez creux, tombe aussi sur une jeune femme de 22 ans qui, en toute candeur, avoue ne rien comprendre à ce qui lui arrive. C’est pourtant elle qui la veille a rejoint Boggio dans un bar des quartiers nord de Marseille pour aller sans le connaître autrement que par un verre partagé l’accompagner à Paris. « C’était pour me changer les idées j’étais en dépression à la suite d’une rupture » se risque-t-elle à la barre. Une virée de deux ou trois jours avec un inconnu sans bagages ni but : de quoi susciter des froncements de sourcils des juges.

Boggio ne se montre guère plus loquace. Ex proxénète, voleur avec violence mais aussi condamné en Espagne pour un transport de drogue il y a trois ans, le barman sans ressources marche sur des œufs : « Je devais de l’argent à un gars qui m’a proposé de convoyer depuis Paris un transport de cigarettes ».

C’est seulement le lendemain en prenant le volant de la Renault volée et faussement immatriculée qu’il se serait aperçu de la nature réelle de la marchandise transportée. Mais impossible d’en savoir plus sur le nom du commanditaire, de la fameuse voiture ouvreuse ou d’éventuelles complicités. Tout juste tente-t-il d’exonérer sa belle passagère : « Elle devait faire partie du voyage pour ne pas attirer l’attention mais elle ne savait rien «.

Face à ces maigres déclarations extirpées aux forceps au cours d’une instruction qui n’a pas permis de remonter la filière le procureur, hier, a réclamé à l’encontre de celui décrit avec ironie « comme un robot téléguidé » 6 ans de prison et une peine aménageable pour Sabrina qui jusqu’alors n’avait jamais fait parler d’elle. Elle a bénéficié d’une relaxe tandis que le chauffeur a été condamné à 6 ans de prison

leprogres.fr me 10/08/2012