PigasseLe Parisien

Bercy a confié un mandat à la banque d'affaires Lazard , dirigée par le «banquier de gauche» Matthieu Pigasse , pour conseiller le lors de la création de la future Banque publique d', promise par le candidat Hollande. L'entourage du ministre de l'Economie Pierre Moscovici l'a confirmé jeudi, tentant d'étouffer un début de polémique.

Dans son édition de jeudi, Le Nouvel Observateur laissait entendre que ce mandat avait été obtenu par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, alors même que sa compagne Audrey Pulvar travaille pour Matthieu Pigasse (photo) aux Inrocks, magazine dont il est propriétaire à titre privé : «Peu savent en revanche que parallèlement, le banquier a obtenu... du même Arnaud Montebourg (et de Pierre Moscovici) un mandat de conseil pour la création de la future Banque publique d'investissement», peut-on lire dans un portrait de Matthieu Pigasse («Le zélote des 75%», p.11). Un suspicion de mélange de genres qui n'a pas du tout plus à Arnaud Montebourg, qui l'a immédiatement fait savoir sur Twitter : «Nouvel Obs: Ces informations sont fausses et les rumeurs désobligeantes. Elles doivent être démenties immédiatement», peut-on lire sur son compte.

Bercy : «C'est Pierre Moscovici qui est en charge du dossier de la Banque publique d'investissement»

L'entourage du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a rapidement tenté d'éteindre l'incendie, jeudi midi, expliquant que c'est l'Agence des participations de l'Etat (APE), sur laquelle Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg exercent leur cotutelle,«qui a proposé de passer un contrat avec Lazard pour nous assister». Mais la décision a été prise par Pierre Moscovici, «car c'est lui qui est en charge du dossier de la Banque publique d'investissement», et pas par Arnaud Montebourg, insiste Bercy. D'autant que «le calendrier est très resserré, il y a beaucoup d'arbitrages à rendre en septembre, il est normal dans ces cas de se faire assister par une banque conseil».

La Banque publique d'investissement, dont la création figurait en tête des 60 engagements du candidat Hollande, doit voir le jour en octobre. Il s'agira, selon Pierre Moscovici, d'«une réponse plus simple au financement des entreprises au niveau des régions avec un guichet unique».