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FN

Tribune libre de Florian Philippot, Vice-Président du Front National du 13/09/2012

Les gouvernements français ont pris la très fâcheuse habitude de se priver de l’avis des Français sur ces grands sujets qui déterminent pourtant la politique de la nation et le destin de la France.

En 2008, Nicolas Sarkozy demandait au Congrès de ratifier le Traité de Lisbonne, décalque parfait de la Constitution européenne que les Français avaient rejetée de la manière la plus claire possible trois ans auparavant par référendum.

Quatre ans plus tard, il faisait ratifier par nos assemblées le mécanisme européen de stabilité (MES), première étape vers la mutualisation des dettes européennes. Sans que les Français en aient été vraiment informés, ils sont désormais mécaniquement solidaires des pertes réalisés par d’autres pays de la zone euro, au nom du sauvetage illusoire d’une monnaie unique désastreuse.

François Hollande met ses pas dans ceux de son prédécesseur en soumettant à ratification parlementaire, et non référendaire, le nouveau Traité budgétaire conçu par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

L’esprit des institutions de la Vème République exigerait pourtant que ce Traité fondamental soit directement soumis au verdict des urnes.

Si nous demandons avec Marine Le Pen un référendum sur le Traité budgétaire, c’est au moins pour deux raisons essentielles :

Il en va d’abord de notre souveraineté nationale, et donc in fine de la démocratie et des valeurs de la République.

Entre autres monstruosités antidémocratiques, la mise en place de la bien mal nommée « règle d’or », véritable chape de plomb pour les peuples d’Europe, contraindra encore davantage la souveraineté budgétaire de notre pays. Alors que nous n’avons déjà plus la main sur notre monnaie, perdre le contrôle du budget reviendrait à se priver de tous les leviers utiles à la conduite de la politique de la nation. C’est par voie de conséquence tout l’édifice démocratique, déjà largement lézardé, qui est menacé d’effondrement.

Il s’agit ensuite de tenir compte de l’écart abyssal entre les votes des parlementaires français sur l’Europe, et l’avis des Français, résultat d’un mode de scrutin contraire à tout principe représentatif et d’un consensus implicite mais parfait entre l’UMP et le PS sur la question européenne.

En 2005, quand 93% des parlementaires approuvaient la Constitution européenne, près de 55% des Français disaient non.

Opter pour la mutualisation des dettes, le transfert de nos libertés de peuples à des technostructures non élus et l’Europe antisociale à vocation fédérale n’est pas un choix anodin. Il détermine notre vision de la nation et pèse sur la vie quotidienne de chaque Français.

Depuis trop longtemps maintenant, la «construction» européenne, davantage assimilable à une destruction des nations et de la démocratie dans ce qu’elle produit, se fait en dehors des peuples.

Main dans la main, les deux partis alternativement au pouvoir depuis 30 ans, UMP et PS, ont fait passer leur euro-fanatisme avant les principes les plus élémentaires de la démocratie.

Il faut mettre un coup d’arrêt à cette dérive : l’organisation d’un référendum sur le nouveau Traité peut être l’occasion idéale d’organiser le débat qui manque et de redonner aux citoyens le rôle qu’ils n’auraient jamais dû perdre : celui de décider de leur avenir.