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La Suisse est de plus en plus masculine. Le marché du travail attire plus d'hommes que de femmes de l'étranger. En Suisse centrale, les hommes sont déjà plus nombreux que les femmes.

La Suisse ne compte plus que 110'000 femmes de plus que d'hommes, avertit mercredi le Tages-Anzeiger. Depuis 2001, la part des femmes à l'ensemble de la population est passée de 51,1% à 50,7%. Non pas qu'elles vieillissent moins bien: cette tendance reflète l'impact de l'Accord sur la libre circulation des personnes.

Depuis l'ouverture du marché du travail, la Suisse a attiré plus d'hommes que de femmes de l'étranger. Au point que si la tendance actuelle se maintient, les femmes pourraient perdre tantôt la part majoritaire à la population qu'elles ont prise depuis les années 50 du fait du vieillissement de la population, confirme l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans une évaluation effectuée à la demande du quotidien zurichois.

Avec l'immigration, le marché du travail est responsable de ce mouvement de rééquilibrage hommes-femmes. La finance, la construction, l'industrie et le commerce de matières premières sont des secteurs qui recrutement fortement à l'étranger, explique le professeur François Höpflinger, de l'Institut de sociologie de l'Université de Zurich. Et classiquement, ces branches engagent plutôt des hommes.

Le Jura, Fribourg et le Valais

La Suisse latine n'est pas la plus exposée au phénomène: la proportion d'hommes y est encore de 48,9%. Mais le Jura (49,2%), le Valais (49,4%) et surtout Fribourg (49,8%) se rapprochent de la parité hommes-femmes, selon les chiffres de l'OFS pour 2011 compilés par Le Matin.

Outre-Sarine, seuls les deux Bâle et Berne connaissent encore, comme la plupart des Romands, une nette surreprésentation de femmes. Partout ailleurs, la proportion d'hommes est de 49% et plus.

Elle est même aujourd'hui supérieure à 50% dans les cantons de Suisse centrale, ainsi que dans les deux Appenzell et en Thurgovie. Schwytz (51,1%) détient le record de Suisse. Il y manque déjà 3200 femmes.

Pour le travail et la vie citadine

Ces cantons sont largement tournés vers l'industrie et l'agriculture, expliquent les spécialistes. Comme celles issues de l'immigration, les jeunes femmes qui y grandissent quittent leur région pour s'établir dans les centres urbains, attirées notamment par des possibilités de formation et d'emploi nettement plus importantes.

Les professions de la santé, où les femmes sont fortement représentées, sont par exemple largement inscrites dans les tissus urbains. Ce mouvement vers les villes explique aussi pourquoi les femmes restent majoritaires à Bâle, Berne et Zurich, ainsi qu' à Genève et dans le canton de Vaud. (Newsnet)

lematin.ch le 19/09/2012