JMLP Assemblée 1986

Bruno Gollnisch

Il y a tout juste une semaine,  le 26 septembre,  rapportait une dépêche de l’AFP,  « le Rassemblement Bleu Marine (RBM), lancé lors des législatives pour ouvrir le FN à des alliés, s’est constitué sous forme d’association, avec Marine Le Pen pour présidente,  Gilbert Collard comme secrétaire général ». Le trésorier en est  Bertrand Dutheil de la Rochère « transfuge du MRC de Jean-Pierre Chevènement »,   « Paul-Marie Coûteaux et Karim Ouchikh (issus de la mouvance souverainiste, NDLR)  seront administrateurs. » Bertrand Dutheil de la Rochère a indiqué à l’AFP qu’il « n’excluait pas de lancer son propre mouvement, qui pourrait s’appeler Patrie et Citoyenneté, et qui rejoindrait le RBM. » « Ce devrait être aussi le cas du Siel, un petit parti souverainiste fondé par l’ancien député européen Paul-Marie Coûteaux. » Le blog Droites extrêmes rattaché au Monde, précise en effet  que « les personnes physiques et morales pourront adhérer. Ainsi, le FN et le SIEL (le petit parti de M. Coûteaux) seront adhérents. »

« Cette nouvelle structure est-il encore expliqué,   veut  dépasser le FN sans le remplacer ni préparer la suite. Elle présente en tout cas un avantage : les gens issus de l’extérieur du FN peuvent désormais se rallier à Marine Le Pen sans passer par la case Front National. Cela pourrait concerner par exemple Nicolas Dupont-Aignan, qui a multiplié, ces derniers temps, les appels du pied en direction de Marine Le Pen.Le Rassemblement Bleu Marine pourra aussi servir pour présenter des listes d’ouverture aux municipales de 2014.»

« Marine Le Pen a fixé une stratégie globale. On sera partout, dans toutes les grandes villes. Nos résultats dans certaines grandes villes ne sont pas une fatalité, nous a-t-elle déclaré. On va investir au maximum dans les villes de plus de 9000 habitants. Et susciter la participation dans les conseils municipaux dans la ruralité. Il y aura une vraie stratégie d’implantation locale à travers les municipales, précise-t-elle ».

Une stratégie d’implantation indispensable  estime  Bruno Gollnisch qui avait souligné lors de la campagne interne que «  l’enracinement communal, local, régional, provincial  doit  être une des grandes priorités du FN. » Il précisait cependant que  c’est « la  paupérisation des cadres du FN » ces dernières années  qui a été   « un frein évident à l’enracinement local de notre Mouvement », phénomène  qui détournait  ou décourageait  de nombreuses personnes de valeurs  de militer à nos côtés ou de nous rejoindre sur des listes.

Car  poursuivait-il,  « cette présence  du FN à l’échelon local nécessite de s’en donner les moyens. La  puissance de feu d’un Mouvement découle de la solidité, de la bonne formation, de la force de conviction et d’attraction   de ses représentants. L’enracinement dans la durée du Front nécessite que nous soyons en capacité de former des cadres  qui seront à même, par leur qualité, leur rayonnement d’attirer au FN des électeurs, des sympathisants, des adhérents, des  notables… ». Louis Aliot a d’ailleurs annoncé dernièrement qu’un effort tout particulier allait être consacré par le FN à la « formation » de ses  militants et candidats.

Pour autant, en  parallèle à cet effort là, ce qui est visé par la mise en place du RBM, tout le monde l’a  compris,  c’est bien d’étendre la capacité d’attraction des idées nationales et leur diffusion.

Bien sûr et nous ne le cachons pas non plus, cette mise en orbite  du RBM fait craindre à certains un effacement, voire une disparition programmée du Front National en tant que tel, même si tous les dirigeants frontistes ont affirmé que cette hypothèse n’est pas d’actualité,

A commencer par Jean-Marie Le Pen qui, interrogé par l’hebdomadaire Minute qui lui  consacre aujourd’hui sa Une à l’occasion du quarantième anniversaire de la création du  Front National,  réaffirme son attachement à la « marque » FN : « Est-ce que le champagne Mumm a changé de nom ? Est-ce que Pernod-Rocard, Mercedes ou Ferrari changent de nom ? (…).  D’un point de vue marketing , le Front National est une marque extraordinaire. Seule une maison en faillite change de nom », « ce sont des gens extérieurs au Front National qui proclame cette idée idiote, pour se faciliter les choses. (…) Un parti, ce n’est pas une étiquette, c’est aussi une histoire, faite de chair et de sang, d’hommes et de femmes qui ont souvent consenti de grands sacrifices personnels Tant que je serai vivant, le Front national ne changera pas de nom (…). »

Au sujet du changement  de nom du FN, Bruno Gollnisch  rappelait déjà il y a deux ans  que « dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres (il avait) des convictions très fermes » mais « aucun dogmatisme ». « Le Front National est un instrument au service de la France. Si le FN devait s’appeler autrement demain, je ne m’attacherais pas l’étiquette mais à la substance. En revanche, si le Front National devait abandonner ses convictions, il cesserait de m’intéresser comme tel même s’il conservait le nom et la flamme. » 

« Cela étant nuançait-il, je crois que ce n’est pas un  hasard si les marques Dior, Louis Vuitton, l’Oréal sont tellement  attachées à leur marque et la défendent bec et ongles (…). Une marque peut focaliser les hostilités, mais elle focalise aussi la fidélité. »

Bruno estimait donc  que « tactiquement, ce serait une erreur de changer de nom. »« Mais, si dans l’avenir, il y a une novation importante dans la vie politique de notre pays, si nous devons donner le signe fort  de quelque chose d’autre, on pourra l’envisager. Après tout, quand j’ai été élu député en 1986, un certain nombre de mes collègues élus et moi, à l’initiative de Jean-Marie Le Pen, l’ont été dans un cadre qui n’était pas explicitement celui du Front National  puisque c’était  celui du Rassemblement national… »

gollnisch.com le 03/10/2012