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Il utilisait le box renfermant de possibles composants d'engin explosif rudimentaire découverts à Torcy (Seine-et-Marne): l' se concentre sur Jérémy B., 25 ans, converti à l'islam, désormais soupçonné d'être le personnage central de la cellule islamiste démantelée ce week-end.

Ce converti a été cueilli par les policiers à son domicile du quartier du Mail à Torcy samedi 6 octobre à l'aube alors qu'il revenait d'une salle de prière, en possession d'une arme chargée. Il fréquentait assidûment cette mosquée, installée dans des préfabriqués à quelques centaines de mètres de son domicile, niché dans un petit immeuble de 4 étages, bordé de verdure.

«Très dangereux» selon les enquêteurs

Jérémy B. «semble être le principal élément de la bande», «le personnage central» de cette «cellule terroriste», confie désormais un proche de l'enquête. C'est d'ailleurs en surveillant Jérémy B., parce qu'ils le soupçonnaient de s'être rendu «dans des camps d'entraînement à l'étranger» que les policiers sont tombés sur Jérémie Louis-Sidney, petit délinquant né en Seine-et-Marne, apparu au printemps sur les radars des Renseignements.

Les enquêteurs n'ont pas caché leur stupéfaction devant la détermination de Jérémy B., qualifié de «très dangereux». Il portait samedi, dissimulée sous ses vêtements, une arme de poing de calibre.22 chargée, selon une source policière, avec une balle engagée dans le , selon le procureur de Paris François Molins.

«Gentil», «serviable», «calme»

Jusqu'à récemment, le jeune homme qui «travaille sur les marchés», n'avait guère attiré l'attention de ses voisins qui le décrivent comme «gentil», «serviable», «calme», saluant quand ils le croisaient. D'autres voisins relèvent des changements, intervenus cet été: Jérémy B. revêtait une djellaba et s'était laissé pousser la barbe, selon eux.

Ils avaient aussi remarqué la présence de Jérémie Louis-Sidney en sa compagnie et celle d'un autre homme du quartier interpellé samedi soir. La dernière fois, c'était il y a «deux ou trois semaines» selon eux, soit une période correspondant peu ou prou à l'attentat de l'épicerie de Sarcelles (Val-d'Oise) où deux hommes ont jeté une grenade défensive.

Il organise une «réunion de motivation des troupes»


Samedi, c'est chez Jérémy B. qu'a été retrouvée une liste d'institutions et organisations juives, qui comportait aussi un nom, liste qui fait craindre aux enquêteurs que ce groupe projetait d'autres attaques antisémites. D'autres documents avaient été retrouvés dont certains témoignant d'un réel antisémitisme, selon une source proche de l'enquête. Du matériel susceptible d'entrer dans la composition d'un engin explosif, allant du nitrate de potassium à la cocotte-minute et aux ampoules de phares, a également été retrouvé dans un box de Torcy utilisé par Jérémy B., renforçant ces craintes.

Selon une source proche du dossier, en août dernier, Jérémy B. a été contrôlé à Cannes où il s'etait rendu en mobile-home pour «une réunion de motivation des troupes». Sa présence sur la Côte-d'Azur sera signalée à la DCRI.

Il n'était en revanche pas là pour une réunion le 3 octobre dans un appartement cannois placé sous surveillance par la police. A l'issue de cette réunion, plusieurs membres du groupe sont remontés à Paris d'une manière qui a semblé précipitée à la DCRI. Une agitation inquiétante qui a décidé les enquêteurs à lancer l'opération de samedi en prévention d'un éventuel «passage à l'acte», selon une source proche de l'enquête.

leparisien.fr le 10/10/2012