RepentanceLes 4 Vérités

Par Guillaume de Thieulloye le 24/10/2012

La manie de la repentance s’est installée dans les mœurs politiques françaises depuis une quinzaine d’années, Jacques Chirac étant le premier responsable de cette funeste coutume.

Mais François Hollande, qui dans la plupart des autres domaines fait preuve d’un remarquable amateurisme, a rapidement dépassé son maître dans cette étrange discipline. En quelques jours, il a réussi à mettre en accusation la France et nos aïeux dans deux dossiers sans rapport entre eux, et à plusieurs milliers de kilomètres de distance.

Le 12 octobre, au Sénégal, il a fait escale à Gorée, censée être l’île d’où partait la traite négrière. Lors d’une conférence de presse, il a laissé entendre que la France pourrait s’engager dans une « réparation » pour l’esclavage, affirmant que la réparation n’était pas que morale.

L’historien Bernard Lugan a objecté que la « maison des esclaves » de Gorée n’était probablement pas un centre de détention des esclaves en attente de traverser l’Atlantique.

J’ignore ce qu’il en est, mais ça ne m’étonnerait pas : mémoire et histoire ne font pas toujours bon ménage, surtout quand la mémoire est instrumentalisée à des fins politiques.

Je trouve ahurissant de faire de la France une responsable du « commerce triangulaire ». Certes, des Français y prirent part, mais si le contribuable doit des réparations à tout groupe d’hommes qui aurait eu maille à partir avec un Français, nous n’avons pas fini de payer !

Et, surtout, il est scandaleux de parler de la « traite négrière » en ne parlant que de la responsabilité française. D’abord, parce que la responsabilité des Français n’est qu’une toute petite part de la responsabilité des Occidentaux. Mais, aussi, parce que l’esclavage doit beaucoup aux peuples africains et arabes.

J’ajoute que parler de l’esclavage de jadis permet de se dispenser de parler de l’esclavage actuel, où les Arabes continuent à jouer un rôle majeur. Mais la repentance n’a pas vocation à empêcher la reproduction d’atrocités. Elle vise simplement à museler les Occidentaux !

Autre repentance quelques jours plus tard, pour la manifestation du 17 octobre 1961.

Prudemment, François Hollande évite de donner des chiffres, mais, imprudemment, il valide la propagande FLN. Il n’y a pas eu « sanglante ré­pression » : la manifestation était organisée par le FLN, groupe terroriste spécialisé dans le racket, en métropole, pour « déraper ».

La plupart des « manifestants » étaient d’ailleurs présents sous la contrainte (et, sauf erreur de ma part, les menaces de mort sont toujours prohibées par le code pénal, y compris si elles ont pour objet de manifester en faveur de la sécession de départements français !).

Le soi-disant massacre concerne, autant que je sache, 7 personnes, dont 2 imputables à la police (les 2 victimes en question étant des agents du FLN et non d’innocents manifestants), un métropolitain, et 4 autres Algériens sans doute victimes de règlements de compte, comme l’a fort bien rappelé le colonel Montaner, à l’époque commandant de la Force Auxiliaire des Harkis de Paris.

À nouveau, histoire et repentance font très mauvais ménage. Et, plus grave encore, repentance et unité nationale, repentance et intégration, font très mauvais ménage.

François Hollande, qui n’a cessé d’accuser son prédécesseur de « cliver » la société française, a choisi d’insulter la France pour un événement dont la responsabilité incombe bien davantage au FLN, toujours au pouvoir en Algérie (et jugé interlocuteur fréquentable par M. Hollande).

Monsieur le Président, nous en avons par-dessus la tête de ces mensonges et de cette propagande ! Il y a certes des pages noires dans l’histoire de la France, mais ce n’est pas une raison pour cracher sur nos aïeux et sur notre patrie. Votre prétendu souci de la vérité est surtout un souci de flatter votre électorat. Quand vous aurez rendu hommage aux victimes du FLN, bien plus nombreuses que celles de cette prétendue « sanglante répression », nous pourrons commencer à croire à votre souci de justice et de vérité. Pas avant !