Gilbert Collard Villeneuve 2012

L'Express

L'avocat et député FN Gilbert Collard explique que sa fonction de parlementaire lui interdit de défendre les militants identitaires, mis en examen pour avoir occupé le chantier de la mosquée de Poitiers.

L'avocat et député FN Gilbert Collard s'est désolé de ne pouvoir défendre les militants identitaires poursuivis pour l'occupation du chantier de la mosquée de Poitiers, en dénonçant un "procès d'opinion" et "une chasse aux sorcières", sans cautionner leur action. 

"Je ne peux (...) cautionner une manifestation illégale quels qu'en soient les motifs", écrit Gilbert Collard, dans une réponse adressée à l'un des dirigeants du Bloc Identitaire, Philippe Vardon, mise en ligne sur le site Novopress.info et authentifiée à l'AFP par l'avocat. 

"Si les incompatibilités parlementaires ne m'en empêchaient pas", "j'aurais cependant accepté de vous défendre, au seul nom du droit pour toute personne d'être défendue, d'autant que la manière médiatique et judiciaire dont vous êtes traités relève du procès d'opinion et de la chasse aux sorcières identitaires sans aucun respect de la présomption d'innocence", poursuit-il, en citant l'article LO149 du code électoral.

Cet article prévoit notamment que tout avocat qui est aussi député ne peut plaider quand "des poursuites pénales sont engagées" notamment "en matière de presse", un domaine dont relève le délit de "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence" pour lequel sont mis en examen quatre des militants identitaires. 

"Ma liberté d'avocat s'arrêtant là où commence ma liberté de parlementaire, je ne peux donc assurer votre défense, qui n'aurait bien évidemment pas impliqué une adhésion de ma part. Croyez bien que j'en suis désolé", conclut l'avocat. 

Quatre militants de Génération identitaire, la branche jeunes du Bloc Identitaire, ont été mis en examen à la suite de l'occupation, le 20 octobre, du chantier de la grande mosquée de Poitiers au nom de leur combat contre l'islam

Trois de ces hommes, âgés de 23 à 26 ans, ont été mis en examen pour "organisation d'une manifestation publique" sans "déclaration préalable", "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence" et "vol et dégradations de biens commis en réunion", en l'occurrence des tapis de prière appartenant à la mosquée.

lexpress.fr avec AFP le 29/10/2012