Dépénalisation du cannabis

Présent

Par Caroline Parmentier le 12/11/2012

Plusieurs de nos ministres veulent toujours le dépénaliser.

Un chauffard de 20 ans qui avait fumé du cannabis a provoqué la mort d’un bébé de sept mois samedi soir dans l’Hérault. Il a violemment percuté la voiture d’un couple de Montpelliérains, tuant leur enfant dans le choc.

En plein après-midi, la famille roulait dans la commune littorale de Pérols quand, à un rond-point, elle a été emboutie par l’arrière. Sous l’effet de la collision, la sangle qui retenait le petit garçon dans un couffin lui-même attaché sur la banquette arrière a cédé, le projetant contre le siège du conducteur.

« Le choc a été si important que l’arrière de la voiture a été enfoncé de 50 centimètres », précisent les forces de l’ordre. « Il a fallu ensuite désincarcérer l’enfant. » Hospitalisé dans le coma, il est mort dans la soirée.

Le responsable – dont on nous livre immédiatement et bien volontiers l’identité, forcément : il s’appelle Patrick Desjardins – a été contrôlé positif au cannabis. Placé en garde à vue, il devait être déféré au parquet de Montpellier pour « homicide involontaire par imprudence » et conduite sous l’emprise de stupéfiants.

Il a déclaré qu’il aurait eu un « moment d’absence » alors qu’il conduisait. Voilà pour la « drogue douce ».

Ce drame intervient après plusieurs accidents récents causés par des conducteurs sous l’emprise de stupéfiants. A la différence de l’alcool, il n’y a pas de taux toléré au volant pour les stupéfiants. La prise de drogue, et plus particulièrement de cannabis – première drogue consommée dans l’Hexagone – multiplie par deux les risques d’accident, et « par 14 si elle est associée à l’alcool », souligne le rapport annuel 2011 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). La présence de cannabis a été détectée dans l’organisme d’au moins un conducteur dans 12,5 % des accidents mortels en 2011… Et les chiffres réels sont plus élevés car « la présence de drogue dans les accidents n’est renseignée que dans deux cas sur dix, à cause des tests salivaires encore trop rarement pratiqués pour des raisons pratiques et de coût », met en garde la sécurité routière.

Le cannabis est responsable d’au moins 250 morts par an sur les routes de France.

Au cours de l’année 2012, de nombreux accidents où le cannabis était en cause ont été relevés. En septembre et octobre derniers, à Nice et à Cannes, on se souvient de ce policier et de ces deux jeunes femmes, tués par des chauffards sous l’emprise de stupéfiants. Ces dernières avaient été percutées après qu’une voiture avait grillé un feu rouge et pris un sens interdit en roulant à plus de 100 km/h…

Le 26 février dernier, deux octogénaires sont tués à Donges (Loire-Atlantique) dans une collision frontale avec une voiture, dont le chauffeur, déjà condamné deux fois pour conduite en état alcoolisé, était cette fois sous l’emprise de fortes doses de stupéfiants. Le doux « raveur » avait assisté, toute la nuit pratiquement sans dormir, à un festival de musiques électroniques à Saint-Nazaire.

Le 19 avril un garçon de onze ans meurt après avoir été renversé sur un passage piétons dans le XXe arrondissement de Paris par une camionnette conduite par un homme qui avait consommé du cannabis et dont le permis avait été annulé.

Le 22 juillet, une mère et sa fille de onze ans meurent renversées dans le nord de Paris par une voiture. Le chauffeur est mis en examen notamment pour « conduite sous l’usage de stupéfiants aggravé » par un « état alcoolique », et conduite sans permis. Le 14 août, une femme de 57 ans, qui traversait sur un passage protégé à Suresnes (Hauts-de-Seine), est tuée par un automobiliste sans permis qui circulait à vive allure sous l’emprise de stupéfiants. La victime succombe sur place malgré les soins prodigués. La liste est encore longue.

En 2010, 3,1 % de l’ensemble des accidents mortels sur la route ont été liés à la prise de drogue, selon le rapport 2011 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Les tests salivaires enregistrent de véritables « explosions » dans certains départements, quand les forces de police les multiplient. En Haute-Garonne, la hausse des délits de conduite sous l’emprise de stupéfiants a grimpé de 140 % au cours des six premiers mois de 2012 par rapport à la même période en 2011.

Voilà les faits pour tous ceux qui nous gouvernent : les Cécile Duflot, les Vincent Peillon (ministre de l’Education !) les François Rebsamen (conseiller à la sécurité d’Hollande) qui veulent la légalisation du cannabis pour tous.