Soldats belgesLe Figaro

Par Isabelle Lasserre le 21/11/2012

Les services de recrutement de l'armée belge ne se montreraient pas assez vigilant. Ces dernières années, ils auraient laissé passer dans les mailles de leurs filets de nombreux islamistes.

Une dizaine de soldats salafistes de l'armée belge ont été placés sous surveillance par les renseignements militaires, le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) et la Sûreté d'État, selon La Libre Belgique . Ces dernières années, les services de recrutement, affirme le quotidien, ont laissé passer dans les mailles de leurs filets de nombreux islamistes, dont l'armée redoute aujourd'hui qu'ils ne se retournent contre ses soldats.

Le problème ne date pas d'aujourd'hui. En 2006, les renseignements militaires belges avaient stoppé in extremis la carrière militaire d'Abdel Rahman Ayachi, alors qu'il tentait d'avoir accès à une formation sur les radars dans la marine. Fils du cheikh Bassam, le fondateur du Centre islamique belge (CIB), il était pourtant connu dans les milieux extrémistes et négationnistes de la capitale. Condamné à huit ans de prison en juin 2012 par la justice belge pour avoir envoyé une vingtaine de personnes faire le djihad en Irak et en Afghanistan, il a depuis fui en Syrie où il aurait rejoint un groupe de rebelles salafistes, les «Faucons de Damas».

Condamné pour ses prêches enflammés

Également condamné en juin dernier, Olivier Dassy, un Belge né à Kinshasa, qui fût l'un des piliers du Centre islamique belge, lançait des prêches enflammés dans les mosquées tout en faisant partie des Chasseurs Ardennais dans l'armée belge. Il a finalement été condamné à cinq ans de prison. «Le problème, explique une source citée par la Libre Belgique, est qu'il n'y a pas de contrôle avant l'instruction. Pour entrer dans l'armée, il suffit d'un casier judiciaire vierge. Le candidat est interrogé par des responsables, mais pas plus».