Institut_du_Monde_ArabeSIEL

Par Karim Ouchikh président exécutif du SIEL le 04/12/2012

Pour fêter cette année le 25ème anniversaire de sa création, l’Institut du Monde Arabe a fait le choix, éminemment électoraliste, d’inaugurer cette semaine une antenne dans la région Nord-Pas-de-Calais, laquelle lui consacrera désormais chaque année, malgré la disette de ses finances, un budget de fonctionnement d’un demi-million d’euros : pour Daniel Percheron, président socialiste de région, bien peu avare ici des deniers publics, il s’agit là rien moins que d’«apprivoiser le métissage nécessaire à la paix dans le monde »…

Nul n’ignore que l’institution culturelle parisienne, élitiste entre toutes, se débat depuis ses débuts dans d’inextricables difficultés : cessations de paiements, déficits structurels, départs de personnels, politique culturelle illisible… Pire encore : au fil des années, ce site culturel inclassable est devenu le champ clos des luttes d’influence baroques qui opposent ouvertement les pays arabes qui en assurent le co-financement.

Devant tant de gâchis, la France doit reprendre la main sans aucun état d’âme : en redéfinissant intelligemment les missions et l’offre culturelle d’une institution aujourd’hui passablement concurrencée par le musée du Quai Branly ou le département des arts islamiques du Louvres, notre pays doit surtout se réapproprier avec réalisme la gouvernance de l’IMA pour en faire un outil privilégié de son action diplomatique dont l’usage ne serait plus dévoyé par des puissances étrangères à des fins d’expansion crypto-religieuse programmée à l’intérieur de nos frontières.

Finançant la moitié du budget annuel de l’institut (23 millions d‘euros), la France dispose à coup sûr des moyens de ses ambitions. Elle maîtrise également le calendrier des opérations : le Quai d’Orsay ne doit-il pas, le 10 décembre prochain, nommer le nouveau président de l’Institut du Monde Arabe pour remplacer Renaud Muselier, remercié dernièrement par le gouvernement socialiste ? En un mot comme en cent, la France doit remettre de l’ordre partout dans ses affaires, y compris et surtout lorsqu’il s’agit d’institutions culturelles vouées à son seul rayonnement international.