Affiche FNJ décembre 2012FN infos

Le 19/12/2012

Le Front national de la jeunesse a récemment lancé une grande campagne antiraciste. Contre le racisme anti-Français, précisément. Au lieu de s’emparer d’un sujet de société qui préoccupe près de 60 % de nos concitoyens, les médias ont traité le sujet par le mépris et les moqueries. Passant notamment à la trappe l’éviction d’une consoeur qui avait eu le malheur de témoigner de ses souffrances dans cette campagne. Heureusement, « Minute » est là !

Qui l’eut cru ? Voilà Pierre Desproges mis à la sauce journalistiquement correc­te : « On peut compatir à n’importe quoi, mais pas avec n’importe qui ». La preuve par le dédain méprisant avec lequel la caste mé­diatique française a traité la dernière campagne antiraciste : une réaction incroyable en temps normal, sauf si l’on prend en compte que cet­te nouvelle opération de lutte con­tre les discriminations n’était pas pilotée par SOS Racisme, le MRAP ou la Licra, mais par… le Front national de la jeunesse (FNJ) ! Et qu’avec son titre aussi ironique que provocateur – « Le racisme anti-Français n’existe pas » – il ne s’agissait pas de se soucier de l’accès des Maghrébins en boîtes de nuit, mais bien de la souffrance d’une multitude de Français victimes de la « di­ver­sité » au sein de leur propre pays.

Le sujet avait tout pour être « ven­deur », puisque, selon un sondage TNS-Sofres paru fin octobre, 56 % des Français estiment qu’un ra­cisme anti-blanc se développe dans les quartiers des grandes vil­les de notre pays ; 68 % des électeurs de droite – ce qui représente un certain audimat – pensent mê­me qu’il faut aborder franchement le sujet dans les débats politiques !

Mais, de toute évidence, ce thè­me gêne les éditocrates tout comme l’immense majorité d’une corporation généralement engagée à gau­che.

Confortablement enfermés dans une bulle idéologique, bien à l’abri derrière leurs claviers, ignorant gé­néralement la dure réalité des « quartiers sensibles » – et même des simples transports en commun –, les journalistes persistent à nier une réalité de plus en plus perçue, voire subie, par les Français « de base ».

Un seul but : « ne pas faire le jeu du FN »

Déjà, à la suite de la désormais fa­meuse sortie de Jean-François Copé sur les « petits pains au chocolat » du ramadan, la presse avait ré­agi de manière monolithique : non pas en s’interrogeant sur le drame de ces Français victimes de brima­des sur leur propre sol, ni même sur la véracité de la déclaration du dé­puté-maire de Meaux, mais tout bê­tement en condamnant son côté « po­lémique ». Peu importe que ce dis­cours fût vrai ou faux : il était sim­plement indicible. Cachez ce racisme que je ne saurai voir ! Ne prononcez pas les mots tabous, qui troublent l’ordre établi ! Ne transgressez pas la nouvelle bien­séance bourgeoise, sous peine d’être exclu de l’espace médiatique par les ligues de vertu des temps modernes !

Dès le 1er octobre 2012, « Le Mon­de » avait attaqué Copé en dénonçant « l’énorme ficelle du racisme anti-blanc », concept bassement ramené par le prétendu quotidien de référence à une stricte dimension politicienne et non humaine : « Certes, nier certaines “réalités” nourrit le sentiment de ne pas être entendu et fait le jeu du FN, mais “en parler” légitime tout autant les problématiques posées par l’extrême droite ».

Sur leur site Droites extrêmes, Abel Mestre et Caroline Monot, du « Monde », précisaient : « Le FN a fait du “racisme anti-blanc” une arme politique ».

Même chez certains journalistes du « Figaro » (27 septembre 2012), le racisme anti-blanc devait avant tout être présenté comme « un concept hérité du FN », qu’il convenait de traiter avec une extrême re­tenue. Autrement dit, peu importe la gravité des problèmes énoncés, seul comptait le fait de ne pas « faire le jeu du FN ». Une conception du bien commun qui explique pourquoi nous rencontrons un Julien Rochedy – le nouveau directeur du FNJ – passablement sidéré par l’accueil réservé à sa campagne contre le racisme « anti-Français ». Retour sur les faits.

Début décembre, c’est un FNJ en plein renouveau qui, avec un site Internet et une organisation flambant neufs, se lance dans une première campagne, très offensive, pour défendre les Français victimes de racisme (1). En guise de support, Julien Rochedy et son équipe s’appuient sur une affiche au graphisme percutant – une jeune femme, le visage peint aux couleurs nationa­les, criant sa révolte : « Assez de racisme anti-Français. On est chez nous ! ». S’y adjoignent trois témoignages vidéos filmés avec force et so­briété – deux jeunes filles et un gar­çon, expliquant, avec leurs mots, la violence du racisme « ba­nal » dont ils sont les victimes quotidiennes dans des banlieues françaises en voie de (ta)libanisation.

Même pas le droit de répéter les insultes dont il est victime !

C’est par exemple Romain, qui raconte comment, à la veille du bac, il se fait agresser par un groupe d’immigrés qui le traitent de « face de craie » en lui réclamant des cigarettes. Les racailles tentent d’emmener sa petite amie, tétanisée, avec des intentions visiblement peu louables. Romain réagit : aussitôt, les coups pleuvent. Le jeune homme est tabassé au sol et ne de­vra sa survie et l’intégrité de sa fian­cée qu’à l’intervention courageuse d’un passant. Il dépose plain­te, mais sans effet : « On m’a même reproché d’avoir répété les insultes qu’ils avaient proférées ! » Ou Tartuffe au commissariat…

C’est encore Jessica, étudiante de 19 ans, en première année d’histoire à la Sorbonne, qui, d’une petite voix hachée, raconte comment, en 4e, seule blanche de sa classe dans un collège de banlieue « en plein milieu des cités », elle est systématiquement prise pour cible par la racaille : « Tous les jours c’était des insultes : “Sale Française, sale blanche”. Je me sentais exclue, plus chez moi. Un jour, je me suis battue avec une fille, pendant que d’autres filmaient et me frappaient par derrière. Je suis rentrée chez moi en courant parce que j’avais peur qu’on me rattrape. J’en ai parlé à ma mère, qui a appelé le collège. Mais ils ne voulaient pas en entendre parler, car la bagarre avait eu lieu en dehors de l’établissement. Il fallait aller au commissariat. Nous n’avons pas pu déposer plainte. Seulement une main courante. Ça s’est su. Cela a fait un scandale. C’était encore pire après : ça recommençait toujours. J’ai changé de collège, mais ça continuait, car dans la rue, à Argenteuil, on me reconnaissait. On m’insultait, on menaçait ma mère : “Ta mère, elle ferme sa gueule et elle baisse les yeux. Ta mère, on va la baiser”. Aujourd’hui, j’en subis encore les conséquences. Je m’arrange toujours pour que mon père m’accompagne à la gare, parce que je sais comment ça va se terminer. Parce que j’ai peur. »

Au sortir d’un studio de radio, nous retrouvons Julien Rochedy, qui parle encore la gorge serrée de l’enregistrement de la jeune fille : « A un moment, j’ai fait arrêter la caméra, parce qu’elle pleurait. Nous avions tous la chair de poule en l’écoutant, une sorte de rage impuissante ! A la fin, nous sommes restés longuement silencieux, comme mis KO par la force de son témoignage. »

Si les cadres du FNJ ont choisi de parler de racisme « anti-Français », plutôt que de racisme « anti-blanc », c’est parce qu’il leur est apparu que c’est bien aux Français de souche que s’en prennent le plus violemment les racistes d’origi­ne immigrée : « Jessica n’avait droit à aucune pitié, car elle est Française de souche. Ses camarades blancs, mais d’origine portugaise ou italienne, bénéficiaient d’une certaine indulgence liée à leur caractère étranger. De toute évidence, ces racistes venus d’ailleurs ont des comptes à régler avec les ressortissants de leur pays d’accueil ».

Espérait-il une véritable prise de conscience nationale avec cette cam­pagne ? « Je ne m’attendais pas à des miracles : on sait comment sont orientés les médias. Mais je n’imaginais pas qu’ils seraient à ce point dégueulasses, car, à travers ces trois vidéos, nous révélons tout de même une vraie détresse humaine. Dans une société où le racisme est un tabou ultime, un délit pénalement sanctionné, et l’égalité la clef de voûte des institutions, on ne devrait pas minimiser la souffrance de nos compatriotes au seul motif qu’ils n’ont pas la bonne couleur de peau. C’est l’ethnomasochisme porté à son paroxysme ! »

Mouloud Achour parle racisme antiblanc…

Le 6 décembre, Mouloud Achour, chroniqueur au « Petit journal », sur Canal + a trouvé un biais pour contourner puis neutraliser l’actualité dérangeante évoquée par le FNJ : la fille posant sur l’affiche de la campagne n’est pas Française. 

Pire : il s’agirait d’un « mannequin russe » prénommé Darija, « parlant l’anglais et l’allemand mais pas le français ». Aussitôt, c’est la bronca : tous les médias profitent de l’occasion pour « couvrir » le racisme anti-Français à leur façon : « Le FNJ pris la main dans le sac » ; « Le visage de la campagne du FNJ est russe et ne parle pas français » On ne savait pas nos confrères si pointilleux sur les questions raciales !

« Le Figaro » en rajoute sur l’aspect déontologique : « Alors que la jeune femme vend ses photographies en ligne, Mouloud Achour a réussi à dénicher celle qui a servi à l’affiche du FNJ. On y découvre la même expression, sans le maquillage bleu-blanc-rouge. Et une autre retouche : la disparition d’un piercing sur l’oreille, qui aurait pu faire mauvais genre… »

Rochedy n’en revient toujours pas : « Ce n’est même pas un scoop. Mouloud Achour, que je connais bien, a simplement tapé l’adresse sur Internet, puisque nous avions laissé le crédit photo sur l’affiche : on ne se cachait pas ! Nous avons simplement choisi la photo qui correspondait le mieux à notre slogan, à l’expression que nous voulions. ».

La contradiction sur les princi­pes ? « Ça n’a aucun sens. L’origine du modèle n’a aucune importance, l’essentiel c’est son expression et le bleu-blanc-rouge qui colore son visage ! Est-ce qu’on attaque Yann Arthus-Bertrand ou Nicolas Hulot parce qu’ils polluent la planète avec leurs hélicop­tères lorsqu’ils font une émission sur l’écologie ? »

Une journaliste virée pour avoir témoigné ?

Et les retouches ? « C’est un mau­vais procès, car c’est une campa­gne de communication, pas du photojournalisme : nous n’avons pas les contraintes d’un reporter, obligé de retranscrire la réalité bru­te. Est-ce qu’on reproche aux en­seignes de luxe de faire un modèle avec trois femmes différentes ? Ou aux dirigeants politiques d’être retouchés sur Photoshop ? N’importe quel journaliste sait ça. L’important était d’obtenir le meilleur effet visuel. C’est ce qui compte pour une affiche, non ? » « L’Express » lui reproche enfin de ne pas avoir pris une militante FNJ : « Bien sûr. J’aurais aussi pu la photographier avec mon portable, de­vant la machine à café ! Bonjour, ensuite, les attaques pour moquer notre amateurisme ! Il n’y a pas d’échappatoire, quand le lynchage médiatique se met en place. »

Etrangement, les journalistes sont totalement passés à côté d’un joli scandale impliquant pressions patronales, intimidation, entrave à la liberté d’expression et harcèlement « citoyen. » En effet, pas un mot n’a été écrit ou prononcé sur le fait qu’une des vidéos de la campagne du FNJ – celle de la jeune Charlotte – a été retirée du site. Ap­paremment, de vigilants confrères auraient reconnu la voix de la jeune femme, qui travaillerait dans un grand hebdomadaire national.

Dénoncée par ses collègues, elle a été convoquée par ses em­ployeurs qui ont très vite mis les points sur les « i », lui intimant no­tamment l’ordre de retirer son té­moignage. Des sources (très) pro­ches de son entreprise affirment que, dans les couloirs – et dans son dos – on la traite désormais de « salope » et de « facho. » Sa souffran­ce, son statut de « victime du racisme » ? « Tout le monde s’en fout, c’est pris comme un simple prétexte pour faire monter l’extrême droite ».

La malheureuse, n’ayant pas de CDI, serait déjà sur le départ. Imagine-t-on le scandale si un salarié pré­caire, d’origine immigrée, su­bissait des pressions de son em­ployeur et la vindicte de ses con­frères, simplement pour avoir osé ra­conter sa souffrance dans le ca­dre d’une campagne antiraciste ?

Evidemment – nos confrères sont décidément distraits – après cette amusante polémique, pas un article n’a été consacré au fond du problème, soit l’important sujet de société posé par l’irruption en Fran­ce d’un racisme anti-Français… Du grand travail de journaliste !

Source : Minute

1. Informations pratiques : http://www.fnjeunesse.fr