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Par Vivien Vergnaud (avec Bruno Jeudy) le 18/12/2012

L'accord entre François Fillon et Jean-François Copé signé, des zones d'ombre demeurent encore. Modalités du prochain scrutin, réserve du président et de son cabinet pendant la campagne interne de l'été 2013, direction collégiale… Fillonistes et copéistes se bagarrent désormais sur quelques points encore flous, laissant libre court aux interprétations.

Ce sont des fillonistes qui sonnent l'alarme. Depuis la conclusion de l'accord dimanche soir, des proches de Copé assureraient que certains points du texte ne doivent pas être pris au pied de la lettre. C'est le cas de la fameuse direction collégiale, prévue par le point numéro 5. Les postes du vice-président délégué actuel, Luc Chatel, et de la secrétaire générale, Michèle Tabarot, seraient doublonnés, pour donner des places aux soutiens de François Fillon, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

Mais quelle serait la hiérarchie? "Les copéistes claironnent que la direction collégiale c'est pour la galerie : les fillonistes ne seront pas numéro 2 et 3 bis hiérarchiquement mais numéro 5 et 6 et n'auront aucun pouvoir", décrypte auprès du JDD un proche de François Fillon. Pour lui, la direction collégiale implique un "partage du pouvoir équitable". S'ils n'étaient pas entendus, les fillonistes rappellent donc que le groupe dissident R-UMP ne sera dissous qu'après l'installation de cette équipe dirigeante collégiale : "S'il y a entourloupe et pas de partage effectif des postes, comme semble le dire le camp Copé, le groupe sera maintenu." Côté Copé, on assure que cette future direction n'entravera pas leur champion : "Les fillonistes disent qu'il est cornaqué avec une direction collégiale mais il reste le vrai patron du parti", glisse un ancien ministre à l'AFP. Les pressions ne sont pas encore éteintes entre les deux camps.

Les fillonistes se sont renseignés sur le vote électronique

Preuve en est également les discussions sur un autre point de l'accord. Celui sur l'organisation de la prochaine élection, prévue en septembre 2013. Le texte commun assure que "les conditions d'organisation" devront "faire l'objet d'un accord qui sera soumis à un conseil national". En attendant, les proches de l'ex-Premier ministre travaillent déjà sur ces modalités. Ainsi, ils se sont renseignés auprès de La Poste pour la mise en place d'un vote électronique, et notamment sur la sécurité d'un tel scrutin et sur son coût. Une telle opération pourrait être facturée aux alentours de 300.000 euros.

Gélard ne prolongera pas à la tête de la Cocoe

Autre point que les fillonistes scrutent avec attention : le numéro 3, qui impose pendant la prochaine campagne interne une période de réserve au président de l'UMP, Jean-François Copé, mais aussi aux "salariés de l'UMP", sous-entendu, ceux appartenant au cabinet du patron du parti, tel Jérôme Lavrilleux ou le directeur général Eric Cesari. Les fillonistes ont ainsi identifié une "liste noire" qu'ils voudraient écarter des opérations de vote.

Ils voudront également surveiller la composition des commissions internes chargées de l'élection, telle la commission d'organisation et des contrôles des opérations électorales ou la commission nationale des recours, les désormais fameuses Cocoe et CNR. Le nom des nouveaux membres des deux instances seront validés lors d'un conseil national. Les fillonistes ne devraient pas avoir à demander la tête de Patrice Gélard, patron de la Cocoe, rendu célèbre par sa reconnaissance de l'oubli des trois fédérations d'outre-mer dans les résultats du vote. En effet, selon nos informations, le sénateur jette l'éponge. Patrice Gélard ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat.