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Bruno Gollnisch

Le 04/01/2012

Le vice-président du FN Florian Philippot l’a rappelé sur Europe 1, mercredi, « Il y aura des gens chez nous (au FN)  qui n’iront pas ( à la manifestation du 13 janvier, comme lui-même, NDLR) d’autres qui iront ». « Il y aura de toute façon une grande liberté pour nos adhérents. C’est ça un parti normal, adulte, c’est un parti politique qui fait vivre le débat ». Sachant que « la défense de la famille ne se limite pas à cette seule question du mariage homosexuel (…) » a-t-il précisé fort justement. Depuis qu’il a annoncé sa participation à cette mobilisation  dans la rue contre le mariage et l’adoption par les couples homosexuels, Bruno Gollnisch a reçu beaucoup de messages et d’appels de cadres et militants  frontistes qui se sont enquis du lieu (quatre sont désormais répertoriés) d’où il partira pour manifester. Il le précisera très prochainement. L’Institut Civitas a par ailleurs indiqué sur son site avoir déclaré à la préfecture de Paris son  propre parcours.

Bruno Gollnisch avait participé en novembre aux deux manifestations, celle de Civitas dirigé par Alain Escada,  dont nous avons ici souvent salué  l’engagement militant contre la « christianophobie »,   et du collectif de Frijide  Barjot. Il  insiste sur le fait qu’au delà des divergences des uns et des autres, il importe que cette journée soit un grand succès de mobilisation  en faveur de la défense de la  famille traditionnelle et des enfants.

Précisons encore qu’il n’y aura finalement pas de « char gay » à cette Manifestation pour tous. Son coorganisateur Xavier Bongibault,Président du collectif « Plus gay sans mariage »,  l’a précisé sur facebook.

Une décision plus en accord avec l’entretien accordé par Frijide Barjot au magazine La nef de ce mois de janvier dans lequel elle précise le sens de son engagement contre l’homophobie : «  la première homophobie aujourd’hui est celle du gouvernement qui veut que les personnes homosexuelles soient entièrement et seulement guidées par leurs instincts sexuels, ce qui est d’une certaine manière les réifier et nier leur singularité et leur identité personnelle – leur liberté en fait. De plus, l’homosexualité est aujourd’hui instrumentalisée par l’idéologie du genre, pour faire croire que chacun pourrait choisir non seulement son orientation sexuelle, mais encore son  genre, c’est-à-dire son sexe symbolique. C’est une aberration, et cette récupération des personnes homosexuelles est une véritable homophobie. »

Le chef de l’Eglise catholique française, Mgr André Vingt-Trois, a redit le 23 décembre son opposition au mariage homosexuel en précisant  qu’il n’excluait pas de saluer les manifestants.

Les prosélytes du mariage pour tous s’étonnent , voire fulminent ,  que les propos du pape Benoît XVI , qui a appelé les catholiques à « lutter » contre le mariage homosexuel,  aient été relayés par Eric de Labarre le « patron » des établissements catholiques, qui  évoque ce sujet dans un courrier adressé à ces derniers.

« Dans cette lettre résolument engagée, rapporte gravement Le Parisien,  loin en tout cas de la relative neutralité habituellement observée par l’école libre, le patron des établissements catholiques y rappelle sa position officielle pour le droit essentiel de la reconnaissance de la différence des sexes. Il invite aussi les établissements à s’emparer du débat sur le projet de loi à travers toutes les initiatives qu’ils jugeront adaptées, dans le respect des personnes et des consciences : discussions en classe, réunions organisées par les parents, etc. »

Très en pointe dans l’offensive en faveur du mariage et de l’adoption pour les couples homos, le chef de file au Conseil de Paris du Front de gauche, Ian Brossat a hurlé au retour des heures les plus sombres:  « Il s’agit d’enrôler 2 millions d’élèves dans une croisade» (sic). Une croisade qui ne serait pas pour déplaire pour le coup, à ses amis palestiniens qui ne partagent pas l’intégralité de  ses obsessions…

Bien sûr, il s’est trouvé un syndicat d’enseignants du privé, le Sundep-Solidaires,  pour estimer sa « liberté de conscience » (sic) attaquée par la lettre de M. de Labarre :  rendez-vous compte des établissements  catholiques qui osent rapporter un appel du pape, quel scandale !!!!

Mais nous le savons, il suffit de s’opposer, même modérément, aux idées novices et subversives de la  pseudo « modernité triomphante » -au nom de laquelle l’ex président Giscard d’Estaing  et chantre du regroupement familial vient de se prononcer pour le mariage homo…- pour être taxé des pires turpitudes.

L’UMP jouant comme à son habitude une mi-temps  dans chaque camp –un char gaylib à la gay pride,un appel  de ses élus au mariage pour tous et dans le même temps de son président à la manif du 13 janvier- ce parti échappe assez largement à ce type de critiques.

Il est révélateur que sur le blog associé au Nouvel Obs, le dénommé Yves Delahaie se présentant comme « apatride mais engagé » (par qui ?) puisse écrire que « Frigide Barjot a beau revêtir ses oripeaux d’égérie catho branché, de strass, de paillettes et de rose endiablé, Frigide a beau dire qu’elle veut faire la nique aux nauséabonds pour ne pas qu’ils squattent le débat, tentant même de rejeter Civitas hors de son cortège du 13 janvier, il ne sert à rien de se réjouir de gagner face aux forces obscures (sic) quand on s’abreuve dans le même ruisseau. »

Il y a un siècle et demi Alexandre Dumas affirmait, avec beaucoup de naïveté au vu du  recul historique que nous possédons maintenant, que  «  si le suffrage universel (était) adopté par tous les peuples d’Europe, toute société secrète (deviendrait) alors impossible ».Si M Delahaie évoque comme beaucoup de caciques de l’UMP ou du PS  les « forces obscures » de la réaction, il convient aussi de rappeler qu’il existe des manœuvres souterraines qui émanent de forces autoproclamées lumineuses .

« Forces » qui pèsent sur les évolutions « sociétales », législatives, avec un vrai mépris de la démocratie et des vœux véritables du peuple français. Du traité de Lisbonne à l’immigration sans frein imposés à nos compatriotes, en passant par cette question du mariage, les exemples abondent. Or, pour citer encore Alexandre Dumas : « quand un peuple ne croit plus à la loi parce qu’il doute de ceux qui l’appliquent, alors il ne croit plus en rien . La loi c’est le pilier d’airain des nations. »

Le site du magazine homosexualiste Têtu rappelait ainsi le 28 décembre  l’engagement du Grand Orient de France « en faveur de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ». Etait interrogé sur ce point Laurent Kupferman  «  coauteur avec Emmanuel Pierrat de Ce que la France doit aux francs-maçons, aux éditions First » (avec un r, s’il vous plaît).

« C’est à la fois un engagement pour le respect de la laïcité, et en faveur du projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous explique M. Kupferman. Le communiqué du Grand Orient de France en novembre est sans ambiguïté sur ces points. D’un côté il condamne au nom de la laïcité les propos du Cardinal Jean Vingt-Trois, en parlant d’imprécations stigmatisantes et en rappelant que les églises doivent se restreindre à la seule sphère spirituelle. De l’autre, il affirme son soutien à ce projet de loi qui vise à assurer une reconnaissance républicaine du libre choix matrimonial, au nom de l’égalité des droits. ».

Un soutien humaniste rappelé par François Hollande lors de ses vœux le 31 décembre, dont le gouvernement compterait dans ses rangs « une bonne douzaine»  de «présumés francs-maçons», même si «seule une petite moitié d’entre eux l’avouent à demi-mot» rapportait Le Figaro le 7 décembre dernier.

Libre à la secte du Grand Orient de faire connaître au grand public sa « vision du monde », mais elle ne saurait stigmatiser l’Eglise au motif qu’elle entend user du droit de faire connaître la sienne. A fortiori sur une question qui déborde très largement du cadre religieux note Bruno Gollnisch et qui légitime d’autant  l’engagement de la droite nationale, populaire et sociale contre ce processus. Les opposants au « mariage pour tous » ne sont pas uniquement  des catholiques et des croyants pratiquants, mais tous les Français conscients de la portée d’une évolution législative lourde de menaces.