Livre Rothé PSProfesseur d'économie à l'université de Cergy-Pontoise, Bertrand Rothé a fait publier chez Seuil un livre clairement intitlé "De l'abandon au mépris : comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière ". En quelques mots, l'auteur (de gauche) résume parfaitement ce que tout à chacun se doit de penser du socialisme triomphant de ces dernières années qui n'est qu'un lointain descendant de ce que fut le socialisme d'il y a un peu plus de cent ans. La semaine passée Bertrand Rothé a répondu à un entretien avec le journaliste de Libération Dominique Albertini qui lui a notamment demandé ce qu'il entendait lorsqu'il parle de mépris du PS pour les ouvriers.

"Il consiste à représenter les ouvriers en imbéciles violents, voire racistes. Symptomatique est la désignation du Front national comme le premier parti ouvrier" lui a t-il répondu. Dominique Albertini continue son entretien en lui posant la question de savoir si le PS avait été le parti des ouvriers :

"Il a longtemps eu à disputer ce rôle au Parti communiste. Ce n’est donc pas systématique, mais il l’a été dans certaines régions, le Nord par exemple. Comme le disait une candidate écologiste, à Hénin-Beaumont, «même un chien avec un chapeau PS serait sûr d'être élu». Dans certains villages ouvriers, tout le monde on presque vote ou votait socialiste. Mais attention, de larges pans de la classe ouvrières étaient aussi acquis aux gaullistes ou aux chrétiens-démocrates.

A partir des années 1980, en revanche, les socialistes ont abandonné cette catégorie sociale pour se consacrer à la défense des minorités ethniques. Et pas de tous les immigrés, pas des vieux par exemples : des jeunes immigrés, sous la devise un brin condescendante «Touche pas à mon pote». C'est médiatique, ça passe bien, ça fait festif. D'ailleurs, le travail est alors invité à devenir une fête. Et en Lorraine, Jacques Chérèque, le père de François, délégué pour le redéploiement industriel, propose de remplacer les aciéries par un parc d'attraction sur le thème des Schrtroumpfs."

C'est marrant les Schtoumpfs, ils sont sympas et bleus comme les salopettes des ouvriers !

Plus sérieusement il est indéniable que les populations ouvrières de notre pays ont depuis quelques années pris conscience de la trahison pure et simple de la gauche faite à leur encontre.

Aujourd'hui, comme le souligne le professeur Rothé le premier des partis ouvrier n'est autre que le Front National.

Le PS et le PCF ont déjà pu s'en aperçevoir ...mais ils n'ont pas encore tout compris.

Guillaume Schirer

De l'abandon au mépris
Comment le PS a tourné le dos à la classe ouvrière

Par Bertrand Rothé

Date de parution 10/01/2013

Essais (H.C.) Seuil

264 pages - 19.50 € TTC