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Le 17/01/2013

Plusieurs députés UMP, dont le chef de file de la Droite populaire Lionnel Luca et et l’ancien secrétaire d’Etat aux Anciens combattants puis à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales Alain Marleix, ont cosigné une proposition de loi avec la députée FN Marion Maréchal-Le Pen.

Le texte en question porte sur la «reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794» et a été «enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 16 janvier 2013» avant d’être publié le jeudi 17 sur le site de l’Assemblée.

En dehors de Luca, Marleix et Maréchal-Le Pen, les autres signataires du texte sont Dominique Tian, Alain Leboeuf et Philippe Vitel, tous trois élus UMP, ainsi que Véronique Besse et Yannick Moreau, qui siègent tous les deux parmi les non-inscrits, comme Marion Maréchal-Le Pen. Leboeuf, Moreau et Besse sont les trois députés de droite du département de Vendée.

A notre connaissance, c’est la première fois que Marion Maréchal-Le Pen cosigne une proposition de loi avec des élus UMP. Selon le site de l’Assemblée, la nièce de Marine Le Pen a jusqu’ici cosigné avec Gilbert Collard une proposition de loi constitutionnelle sur la désignation des membres du Conseil constitutionnel et a cosigné avec le même Collard et Jacques Bompard une autre proposition de loi constitutionnelle prohibant le mariage entre personnes du même sexe.

Gilbert Collard n’a lui jamais cosigné de texte avec un député UMP, tandis que Jacques Bompard, ancien élu FN, l’a fait à plusieurs reprises. L'été dernier, Le Monde avait par ailleurs noté un «curieux ballet» pendant le vote du projet de loi de finances rectificative, qui avait vu Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard descendre «du dernier rang pour venir s'asseoir à côté de leurs collègues de l'UMP, parmi lesquels ils se sont fondus».

Déjà plusieurs propositions de loi

Si la «coalition» signant ce texte visant à la reconnaissance d'un génocide en Vendée peut surprendre, la proposition de loi en elle-même n’est pas nouvelle. Début puis fin 2007, Lionnel Luca avait déposé un texte allant dans le même sens avec plusieurs de ses collègues UMP, jamais examiné par l’Assemblée –et dont le nouveau texte est d’ailleurs quasiment un copier-coller, à l’exception d’une phrase rappelant la récente loi sur la contestation du génocide arménien.

Le député villiériste de Vendée Dominique Souchet avait lui aussi tenté sa chance à la fin de la législature, tandis qu'un député UMP avait essayé de glisser un amendement allant dans ce sens dans la loi sur la contestation des génocides votée fin 2011. C'est aussi un des combats de Philippe de Villiers.

Dans un rapport sur les questions mémorielles publié fin 2008, le président de l’Assemblée nationale d'alors, Bernard Accoyer, avait lui estimé que ce genre de propositions posait «un risque de fragilisation de la société française». Le fait d'attribuer la qualification de «génocide» à la mort de 170.000 habitants de la Vendée royaliste lors de la guerre avec le pouvoir républicain est en effet, comme l'expliquait l'agence Reuters en 2009, «fermement rejeté par un certain nombre de spécialistes de la période».