Cassez

Le Figaro

Le 23/01/2013

La Cour suprême du Mexique a ordonné aujourd'hui la libération immédiate de la Française Florence Cassez, condamnée en 2008 à une peine de 60 ans de prison pour complicité d'enlèvements. Les magistrats mexicains ont pris cette décision après avoir estimé que le procès de la jeune femme, qui est âgée de 38 ans, avait été entaché d'irrégularités

Florence Cassez avait été arrêtée en décembre 2005 en compagnie de son ami de l'époque, le Mexicain Israel Vallarta, accusé de commander un gang responsable d'enlèvements, dans une ferme des environs de la capitale. En 2008, elle avait été condamnée à la prison au terme d'un procès à huis clos et sans jurés, comme c'est souvent le cas au Mexique.

Cassez a toujours clamé son innocence

Ses avocats affirmaient que les droits de la Française n'avaient pas été respectés avant sa mise en accusation. Pendant des années, elle a toujours clamé son innocence.

Trois juges sur cinq de la première chambre de la Cour suprême ont voté en faveur de la libération immédiate de la Française, emprisonnée depuis plus de sept ans: Arturo Zaldivar, Olga Sanchez Cordero et un nouveau juge nommé en décembre, Alfredo Gutierrez Ortiz Mena. "Le jugement est annulé, le recours est accordé et la liberté absolue de Florence Cassez est ordonnée", indique la résolution adoptée par la Cour suprême.

La proposition de la juge Olga Sanchez d'une annulation de sa condamnation avec renvoi vers un tribunal d'appel n'a pas recueilli la majorité. La juge rapporteuse a donc décidé de reprendre à son compte la proposition du juge Arturo Zaldivar -rejetée le 21 mars 2012- d'une libération immédiate et absolue.

"Je peux pronostiquer que Florence va sortir de la prison de Tepepan dans les heures qui viennent", a réagi devant la presse Me Agustin Acosta, avocat mexicain de la Française. Pour Me Frank Berton, l'avocat français, "C'est un jour historique pour la justice mexicaine". Le jugement ayant été émis assez rapidement, la Française devrait pouvoir prendre l'avion dès ce soir, avec son père Bernard, pour rejoindre sa mère Charlotte qui l'attend en France. Sa mère "folle de joie"

"Je suis folle de joie, j'ai encore du mal à y croire, d'un seul coup, c'est l'explosion de joie. Ma fille s'est battue, elle a gagné sa liberté, j'adore ma fille, elle est extraordinaire", a déclaré Charlotte Cassez dans une brasserie parisienne où s'étaient retrouvés les amis qui avaient soutenu Florence Cassez. "Hier au téléphone, ma fille n'avait pas le moral, elle a pleuré, nous sommes vraiment soulagés", a ajouté la mère devant une masse de caméras et de micros, alors que les réactions politiques se sont multipliées.

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Le président François Hollande a exprimé sa "reconnaissance" envers la justice mexicaine "qui a fait prévaloir le droit". "Je veux saluer toutes celles et tous ceux qui ont lutté à leur niveau. Je veux lui dire qu'elle sera accueillie ici avec tout le soutien nécessaire. Et enfin j'ai également une reconnaissance envers la justice mexicaine, qui a fait prévaloir le droit", a déclaré le président, en marge d'un déplacement à Grenoble.

L'affaire avait tendu les relations avec le Mexique

L'affaire Cassez a tendu les relations entre Paris et Mexico. L'année du Mexique en France, qui était prévue en 2011 et que Nicolas Sarkozy, alors président, souhaitait dédier à Florence Cassez, a été annulée. Recevant en octobre dernier le nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto, son successeur à l'Elysée, François Hollande, a déclaré faire "confiance à la Cour suprême pour en terminer avec cette situation que nous jugeons douloureuse mais qui est dans la main et entre les seules mains de la justice mexicaine".