Belfort carte f3Le Pays

Par Pascal Lainé le 13/02/2013

L’anecdote est racontée par le Canard Enchaîné daté d’hier. L’hebdomadaire satyrique s’est procuré une note syndicale interne au commissariat de Belfort dans laquelle les fonctionnaires font état de leur ras-le-bol des reconduites à la frontière. Un malaise qui s’est cristallisé le 23 janvier. « Ce jour-là, des fonctionnaires de la brigade financière sont requis pour chasser le Kosovar, se moque notre confrère Sorj Chalandon, qui cite un syndicaliste : Les escroqueries, ils connaissent. Mais là, ils se retrouvent avec une femme à genoux qui pleure en leur tenant les jambes. C’est une autre histoire ».

Compte tenu du climat ambiant, la reconduite à la frontière n’aura pas lieu. Le Canard Enchaîné affirme ensuite que les policiers auraient été vertement tancés par « les fonctionnaires de la préfecture ».

Interrogé ce mercredi, le cabinet du préfet Jean-Robert Lopez confirme la première partie du texte : « Il est vrai que compte tenu d’une forte charge émotionnelle, les policiers ont préféré ne pas procéder à cette reconduite à la frontière. En revanche, nous apportons un démenti formel à la deuxième partie du texte. Il n’y a pas eu «d’enguelade» des policiers. Il n’y a aucune politique du chiffre sur les expulsions dans le Territoire de Belfort. D’ailleurs, il y a eu moins de reconduites à la frontière en 2012 que l’année précédente. »

On précise également à la préfecture que la famille kosovar concernée est « déboutée du droit d’asile et a épuisé tous les recours possibles. La mesure de reconduite est donc légale et incontestable. » Pour l’instant toutefois, la mise à exécution est « reportée ». Aucune date n’a encore été fixée, mais « elle aura forcément lieu ».

Au commissariat de police de Belfort, le commissaire Éric Eckel, directeur départemental de la sécurité publique du Territoire de Belfort fait dire qu’il n’a aucun commentaire à apporter.

Note BYR : si à chaque fois qu'il est question de procéder à l'expulsion d'étrangers en situation irrégulière "l'émotion est trop forte" il ne faut pas s'étonner du malaise reignant en France...