Arif PSL'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Métamag

Par Jean Bonnevey le 23/02/2013

La prise en otage au Cameroun d’une famille d’expatriés français, avec des enfants, le plus jeune ayant 5 ans, par des fanatiques islamistes nigérians est une tragédie unique. Elle révèle l’extension du danger islamique au cœur de l’Afrique noire. La jonction entre le Sahel et la Somalie est maintenant faite. Nous sommes en face d’islamistes capables de tout.

L’annonce prématurée  de la libération de ces expatriés est lamentable. C’est désolant pour les familles et la crédibilité de la France. Notre secrétaire d’état aux anciens combattants,  Kader Arif, a cru annoncer la bonne nouvelle mais il a parlé trop vite. Il a parlé pour exister bien sûr, mais il a parlé au nom de quoi ou de qui, pas de son ministère.

Non il a parlé pour exister politiquement, c’est encore pire. Il s’est vite rendu compte de son erreur mais trop tard. Il a confirmé une nouvelle fois l’impression d’un gouvernement chaotique. 
«Juste avec la prudence d'usage... mais je viens d'avoir comme information, à confirmer, mais il semble qu'elle est confirmée, que nos otages au Cameroun ont été libérés», a en effet déclaré le ministre délégué aux Anciens combattants, devant l'hémicycle. Une nouvelle qui a provoqué les applaudissements sur tous les bancs. Mais quelques minutes plus tard, après avoir fébrilement consulté son téléphone, il a repris la parole: «Il s'agissait d'informations transmises par voie de presse, il n'y a pas pour le moment de confirmation officielle à ce stade» de la libération, a déclaré le ministre aux députés. «S'il y avait des informations, elles seraient transmises de manière officielle et pas seulement par ce qui est exprimé dans les médias ce matin», a-t-il poursuivi. Tout et le contraire de tout.
Et tout cela face à des islamistes « de la forêt », parait-il bien pire que ceux du désert. Car Boko Haram c’est le sectarisme à l’état sauvage. Ce groupe, plus connu sous son nom Haoussa Boko Haram, activement combattu par les forces armées nigérianes, s'est illustré par une série de violences à l'encontre du gouvernement, des chrétiens et de la population musulmane des régions où ils sont implantés. Prônant un islam radical et rigoriste, l'idéologie du mouvement s'inspire des talibans d'Afghanistan, rejetant la modernité et visant à instaurer la charia. Ils ont déjà tué des otages, un Britannique notamment, et ils ne négocient pas. Ils agissent "à la colombienne", avec un black out qui peut durer des mois si nécessaire, pour mettre le maximum de pression. C'est encore une autre différence avec les prises d'otages des groupes islamistes qui œuvrent dans le Nord du Mali.  Les violences liées à Boko Haram et leur répression sanglante par les forces de l'ordre nigérianes ont fait 3000 morts depuis 2009.
 
Il faudra bien un jour dire la vérité crue et nue, ce n’est pas le terrorisme anonyme, ni l’islam qui nous menace, c’est l’islamisme radical qui se sert du terrorisme.