Faire l'autruche

Bruno Gollnisch

Le 26/02/2013

C’est aujourd’hui que devrait se dérouler, avec le soutien des familles, une « marche blanche », -mal vu par Manuel Valls…-  à la mémoire des deux policiers tués le 21 février  dans leur véhicule sur le périphérique parisien,  Cyrille Genest et Boris Voelkel, tous deux mariés et pères de famille. Un  troisième policier, Fred Kremer, a été  gravement blessé. Ils ont été percutés à pleine vitesse par  la voiture de grosse cylindrée qu’ils tentaient de ralentir,  conduite  par  le délinquant multirécidiviste Malamine Traoré, qui roulait  sans permis, avec à ses côtés le dénommé Mehdi Bensassou qui  devait être jugé fin février pour son implication présumée dans un trafic de stupéfiants.  C’est aujourd’hui  également que le gouvernement, comme  ce fut le cas également sous le tandem Sarkozy-Fillon, réuni un  « comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, au cours duquel les ministres vont réfléchir aux moyens de lutter contre les préjugés liés à l’origine ou la religion » explique Libération.  

La Lettre A nous informe également que pour traquer les comportements discriminatoires, Christiane Taubira  vient de s’adjoindre les services de Sihem Souid, fonctionnaire et journaliste gravitant dans l’orbite du PS. En 2010,  Mme Souid dénonçait dans un livre très controversé, « Omerta dans la Police »,  le racisme qui régnerait en son sein. Le site fdesouche souligne que cette femme fut  sanctionnée en 2011 « pour avoir participé au Jury des Ya bon Awards ! et se (vengea) en accusant des policiers de viols, avant d’être elle-même  accusée de vol... ».  Le CV adéquat pour travailler auprès du ministre de la Justice?

C’est aussi dans ce contexte que vient d’être publié, dans le quotidien gratuit 20 minutes,  un sondage Harris commandé par le  Club Averroès portant sur la « diversité   en politique ». Un club présidé par   Amirouche Laïdi, adjoint au maire UMP de Suresnes, lequel a bénéficié notamment , comme  Hakim El Karoui, fondateur du Club XXIe siècle, Karim Zeribi, président de la Régie des transports de Marseille ou encore  Sihem Habchi, la présidente de Ni putes ni soumises, des programmes de recrutement  développés par le gouvernement américain et relayés par son ambassade à Paris. Ils sont  destinés à repérer dans les quartiers pluriels et  à  former  de  futurs «leaders français issus des minorités »  favorables à Washington.

Au terme de cette enquête rapporte Libération, «deux tiers des Français (66%) ne voient aucune amélioration en matière d’égalité des chances depuis l’élection de François Hollande » ; « 61 % des Français considèrent que la société discrimine les citoyens selon des critères de sexe, d’âge, d’origine géographique ou de couleur de peau ». Toutefois, la majorité des Français se contrefiche d’une « amélioration » de ladite diversité.

Ainsi à la question « la diversité (terme qui renvoie aux citoyens issus de l’immigration est-il précisé) de la population devrait elle être plus, moins ou ni plus ni moins représentée qu’aujourd’hui ? », que ce soit « au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat » ou « dans les organes de direction des partis politiques », 53% des sondés répondent « ni plus ni moins qu’aujourd’hui ». Environ une personne interrogée sur cinq souhaite une représentation de la diversité  plus importante « qu’aujourd’hui » ; à l’inverse 22% à 23% des Français interrogées  souhaitent  à l’avenir une représentation de la  diversité  « moins présente qu’aujourd’hui. »

Ce sondage tend à prouver implicitement, constate Bruno Gollnisch,  le rejet  par nos compatriotes  de la mise en place de quotas artificiels ou de toute autre forme de « discrimination positive », les Français restant attachés à la méritocratie.  Il est d’ailleurs intéressant de relever, et 20 minutes le souligne, que «les personnes dont au moins l’un des deux parents était de nationalité étrangère à leur naissance sont à peine plus nombreuses que la moyenne à revendiquer une meilleure représentation de la diversité : 53 % se disent favorables au statu quo au gouvernement et au Parlement et 54 % au sein des partis politiques. »

Le vrai clivage sur cette question de la diversité est bien d’ordre politique : «La pression de l’opinion publique n’est pas forte sur ce sujet-là, constate Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion d’Harris Interactive. Mais l’opinion est en réalité très polarisée.  En effet, près de 48 % des sympathisants de gauche estiment que la diversité devrait être plus représentée au gouvernement ou au Parlement (45 % en ce qui concerne les organes de direction des partis politiques), contre à peine 9 % des sympathisants de droite. »

Autre exemple, nous l’avons vu, si « 61 % des Français estiment que l’égalité des chances (…) ne correspond pas à une réalité en France aujourd’hui (contre 35 % qui pensent le contraire),  les sympathisants de gauche se montrent plus pessimistes. 79 % d’entre eux estiment que l’égalité des chances n’est pas effective, alors qu’à droite, une majorité des sympathisants (57 %) pensent qu’elle est une réalité. Cette perception de la société permet d’expliquer que les gens de droite se satisfont davantage de la représentation de la diversité en politique, décrypte Jean-Daniel Lévy. Mais c’est aussi leur regard sur les personnes immigrées qui est différent. »

Amirouche Laïdi, questionné dans ce même quotidien, a dit son souhait de « commander d’autres sondages deux fois par an environ tout au long du quinquennat et au-delà. Et nous nous attendons à ce que l’attente de l’opinion vis-à-vis de la diversité progresse ». Nous ne pouvons  pas reprocher à M. Laïdi, une certaine logique, celle  de prêcher  pour sa vision du monde  américanomorphe  et obamaniaque, mais  il serait plus intéressant d’entendre sur ce sujet les dirigeants de l’UMP…

D’un égalitarisme l’autre, l’Assemblée nationale a adopté le 20 février,  malgré l’opposition de l’UMP, de l’UDI, d’EELV, des communistes, du FN,  un projet  de loi sur les élections locales voulu  et défendu âprement  par Manuel Valls. Soit  la création du scrutin majoritaire paritaire pour les départements, avec deux candidats par canton, un homme et une femme. Ubu pas mort… L’article 3   prévoit la réduction de moitié du nombre de cantons, afin de garder le même nombre d’élus départementaux. Ce projet avait été rejeté par le Sénat en janvier. Les élections cantonales, au terme de cette réforme,  seront  rebaptisées élections départementales.

A l’évidence remarque Bruno Gollnisch,  M. Valls prône  la diversité ethnique, mais certainement pas la diversité politique dans les assemblées!  Il  entend en effet  par cette réforme verrouiller à l’avance  cette élection pour préserver le Système du danger d’une poussée du FN. Cette réforme sert en effet à asseoir la domination du bipartisme, du PS et de l’UMP.  Le parti de MM. Copé et Fillon, a d’ailleurs  joué pleinement son rôle de figurant en mimant l’opposition.

Or, dans les faits, les avantages pour l’UMPS l’emportent grandement sur les inconvénients –la colère des supplétifs des petits partis servant de forces d’appoints.  Faut-il rappeler encore que le mode de scrutin majoritaire en vigueur aux élections cantonales  («départementales») donne en effet beaucoup plus de chance  aux deux écuries qui se partagent le pouvoir  de rafler des cantons. Espérons que ces tripatouillages se retournent rapidement  contre leurs auteurs,  en cas de  tsunami électoral tricolore,  la condition nécessaire au redressement de notre pays.