PSG Qatar

Présent

Par Alain Sanders le 06/03/2013

« Qui paie commande », disait ma grand-mère. On vient d’en avoir la preuve avec la mutilation du logo du club de football Paris Saint-Germain (PSG). Le logo en place jusque-là, c’était l’inscription « Paris Saint-Germain » sur une même ligne, les deux noms étant de même valeur de taille ; la Tour Eiffel ; une fleur de lys ; un berceau.

Pourquoi un berceau ? Parce que, avec cette précision de date : « 5 7bre 1638 », il fait mémoire (comme on dit aujourd’hui) de la naissance à Saint-Germain-en-Laye, le 5 septembre 1638, de Louis-Dieudonné, c’est-à-dire le futur Louis XIV.

Ce berceau, qui symbolise la naissance d’un roi chrétien, chiffonnait les Qataris propriétaires du PSG (et d’une partie de la France…). Ils en ont donc demandé la suppression pure et simple. En même temps qu’ils exigeaient – c’est nous qu’on est les princes – que le nom « Paris » soit agrandi et donc que le nom « Saint-Germain » soit diminué de taille. Ils demandaient encore que la Tour Eiffel soit mise plus en valeur.

Et alors ? Alors ils ont été obéis, bien sûr ! « Paris » est écrit en plus gros, « Saint-Germain » en plus petit, et la Tour Eiffel ne berce plus entre ses pattes d’araigne le berceau royal. N’ayant pas pour l’heure – ignorant sans doute sa forte symbolique très chrétienne elle aussi – demandé la suppression de la fleur de lys, elle a sauvé sa tête.

C’est Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du PSG, qui a dévoilé le nouveau logo iconoclaste.

Si on lui fait remarquer qu’il s’agit là d’une rupture historique inopportune, il balaie l’argument : « Paris est au cœur du projet de marque (sic) du PSG. On est dans un grand club européen avec des symboles qui le représentent. C’est la septième fois que la m/arque évolue (1). Il ne s’agit pas d’une grande rupture, mais de la simplification des symboles. »

Une simplification qui transporte de bonheur l’adjoint aux sports de Delanoë, Jean Vuillermoz : « On voit qu’il y a la volonté du PSG d’utiliser Paris et de revendiquer ses symboles (2). C’est très bien et nous n’avons pas de réserves particulières. »

La ville de Saint-Germain a réagi. Pour protester contre la suppression du berceau ? T’as qu’à croire… Ce qui froisse Emmanuel Lamy, le maire de Saint-Germain, c’est que « Paris » soit écrit en plus gros que « Saint-Germain »… Réponse du septembriseur Jean-Claude Blanc : « On respecte les fondamentaux. On ne les a pas reniés. Il y a l’introduction de l’or, du doré, pour la fleur de lys, emblème de Saint-Germain. C’est la noblesse du cœur. On a juste enlevé le landau (sic) et la date (3). Le landau (resic) parce que les gens ont du mal à comprendre sa signification. Quant à la date, elle ne tire pas vers le haut en comparaison avec d’autres grands clubs européens qui ont 1800 sur leur logo. »

Pourquoi, dans ce cas, n’avoir pas gardé la date de 1638 qui remettaient les « autres grands clubs européens » en culottes courtes. Quant à dire que « les gens » (à savoir des footeux au front bas et des Qataris musulmans) ont « du mal à comprendre » la signification du landau, quel terrible aveu de débilité intellectuelle et de dhimmitude en action…

(1) Mais sans avoir jamais supprimé le royal berceau…

(2) La Tour Eiffel symbole plus fort de Paris que Notre-Dame ?

(3) Il s’agissait de « 1970 », date de la création du club.