Manifestation du FN 0105112

France Info

Par Grégoire Lecalot le 08/03/2013

Marine Le Pen occupe le terrain : elle s'est lancée dans une tournée des fédérations du Front national et de sorties thématiques. Ces déplacements se doublent d'un plan médias. Objectif : préparer la campagne des municipales de l'an prochain. Et il ne s'agit pas seulement de convaincre des électeurs, il faut aussi trouver des candidats.

"A quoi ça sert de faire 17% des voix à l'élection présidentielle si on n'arrive pas à avoir des maires ?" : petit propos grinçant tenu la semaine dernière en marge du conseil national du FN. Les municipales c'est bien l'objectif, l'obsession de la direction du Front national.

Depuis des années, le FN enchaîne succès et défaites sans véritable bénéfice concret car il est "hors-sol" en quelque-sorte. Il lui manque la première marche, la cellule souche de la vie politique : c'est à dire madame ou monsieur le maire. Les résultats des élections de l'an dernier donnent des idées aux dirigeants du FN qui espèrent dépasser leur électorat traditionnel. Bruno Gollnisch, qui réfléchit à une candidature à Hyères, dans le Var : "Dans les grandes villes nous avons des scores qui nous permettent d'avoir des conseillers municipaux, voire de les remporter. Je pense à certaines communes du Pas-de-Calais, de la région lyonnaise, comme Saint-Priest ou de la région PACA. Marine Le Pen est arrivée en tête dans 6.000 communes de France et en deuxième position dans plus de 12.000. nous allons donc avoir des milliers d'élus d'ici un an".

Une cinquantaine de villes de plus de 4.000 habitants ont accordé au Front national des scores dépassant les 40% aux législatives. Et Marine Le Pen est persuadée qu'il y a un électorat pour les listes de son parti dans ces agglomérations :

"Je pense aux personnes âgées, je pense aux étudiants précarisés, je pense aux fonctionnaires qui n'arrivent plus à avoir le niveau de vie qui correspond à celui des grandes villes".

Et pour mieux attirer ceux qui hésiteraient à franchir le pas, elle a musclé le Rassemblement Bleu Marine, structure à visée électorale qui permet de se présenter sous une étiquette moins marquée politiquement.

Le syndrôme des candidats "fantômes"

C'est du côté des candidats que le bas a blessé dans les précédents scrutins locaux. On se souvient de ces candidats fantômes aux cantonales, qui n'ont même pas levé le petit doigt pour faire campagne. Peu au fait des questions concernant leur canton ni même des attributions et des compétences des institutions où ils étaient censés siéger, ils se sont portés candidats pour rendre service à leur parti qui voulait afficher une large présence.

Cette fois le FN espère compenser au moins en partie la quantité par un peu plus de qualité. Et là encore, les succès électoraux de l'an dernier jouent en sa faveur car ils amènent six millions d'euros par an dans ses caisses au lieu d'un peu moins de deux avant. Le vice-président du Front national, Florian Philippot : "Les problèmes financiers suite aux désastre électoral de 2007 ont fait très mal. Ca c'est le passé. Il y a plus de moyens, il y a une professionnalisation qui a permis d'organiser des formation, des entretiens, de recruter plus de monde".

Un millier de conseillers municipaux après les élections ?

Et le FN espère ainsi aligner au moins un millier de conseillers municipaux après les élections. Objectif ambitieux car il faut de nombreux candidats pour déposer des listes et l'obligation de parité hommes femmes rend les choses encore plus compliquées. Ajoutez à celà que le faible ancrage local du parti est un gros handicap dans une élection municipale qui avantage les sortants. Marine Le Pen fait le pari que la crise économique et sociale lui donnera un coup de pouce, comme Beppe Grillo en Italie, et elle prend le risque de faire une campagne sur des thèmes nationaux voire européens. En réalité c'est surtout les militants locaux de l'UMP qui joueront les arbitres, d'où les appels du FN à des alliances locales.