Cristina Kirchner Malouines

Metro

Par Julie Mendel le 10/03/2013

Un référendum se tiendra les 10 et 11 mars aux îles Malouines. Les habitants doivent décider s'ils restent ou non britanniques. Censé mettre un terme aux tensions entre la Grande-Bretagne et l'Argentine qui se disputent l'archipel depuis près de deux siècles, l'annonce de ce scrutin a en fait réveillé les rancoeurs entre les deux pays.

Après des mois de tension entre l'Argentine et la Grande-Bretagne, la parole est aux Islanders. C'est ainsi que se surnomment eux-mêmes les habitants des îles Malouines, un archipel de l'Atlantique Sud appartenant à la couronne britannique mais revendiqué par l'Argentine depuis près de deux siècles. Un référendum d'autodétermination doit y avoir lieu les 10 et 11 mars. Une façon pour les habitants de réaffirmer leur volonté, ou non, de rester dans le giron britannique, alors que Buenos Aires estime avoir un droit historique sur ces îles, situées à 400 kilomètres de ses côtes.

"Nous n'avons aucune envie d'être dirigés par le gouvernement de Buenos Aires", a assuré dans un communiqué le président de l'assemblée législative locale, Gavin Short. Et "nous avons décidé, avec le soutien entier du gouvernement britannique, d'organiser un référendum sur les Falklands (nom anglais de ces îles) pour éliminer tout doute sur notre souhait" de "rester un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni, doté d'un gouvernement autonome".

Cristina Kirchner monte au front

Mais l'Argentine ne l'entend pas de cette oreille. Par la voix de sa présidente Cristina Kirchner, Buenos Aires ne cesse de s'élever contre l'"absurde prétention" du Royaume-Uni de conserver une colonie "à 14.000 km" de ses côtes. Ces derniers mois, le ton est monté d'un cran à l'occasion des commémorations du 30e anniversaire du conflit qui avait opposé le Royaume-Uni à l'Argentine sur la souveraineté de l'archipel. Un affrontement militaire en 1982, qui s'était soldé par la mort de 649 soldats Argentins, 255 Britanniques et trois habitants des îles.

Depuis, le Royaume-Uni assure une présence maritime permanente dans la zone. Et la tension ne redescend pas. Au point que David Cameron a jugé bon de montrer ses gros bras en janvier, évoquant son armée, qui dispose d'un des "cinq plus importants budgets de défense du monde". Histoire de rappeler qu'outre sa "détermination, extrêmement forte", la Grande-Bretagne est prête à se battre pour garder ses îles. Et pour cause. D'importantes réserves de pétrole ont en effet été découvertes en 1993 et sont actuellement exploitées au profit de l'économie britannique.

Les îles sont-elles prêtes à renoncer à la protection de la couronne britannique ? Aux Islanders de trancher. Mais le résultat semble connu d'avance. En effet, sur les 3.000 habitants que compte l'archipel, une très grande majorité est d'origine britannique. Loin d'apaiser les tensions, l'annonce de ce référendum a donc agacé au plus haut point l'Argentine, qui multiplie les appels à la communauté internationale pour empêcher la tenue du scrutin qu'elle considère comme "illégal".

Note BYR: la photo est celle de la présidente argentine Cristina Kirchner qui brandit une plaque représentant les Iles Malouines.

Avec AFP