Oskar Freysinger

20 minutes.ch

Le 17/03/2013

Le parti d'Oskar Freysinger fera son entrée au gouvernement valaisan au détriment du PLR, éjecté. Le PDC reste majoritaire.

Le PLR est éjecté du gouvernement valaisan après trois quarts de siècle de présence. L'UDC y fait son entrée pour la première fois. Par rapport au premier tour, le PDC est en net recul alors que le PS progresse fortement.

La mobilisation de l'électorat a été importante avec une participation de 63,64% contre 68,14% au premier tour. Les minoritaires Oskar Freysinger (UDC) et Esther Waeber-Kalbermatten (PS) devancent les trois sortants PDC Jean-Michel Cina, Jacques Melly et Maurice Tornay.

Les minoritaires devant

Oskar Freysinger se place en tête, comme au premier tour, avec 56'913 voix et accentue son avance sur les autres candidats. La surprise de la journée vient de la sortante socialiste Esther Waeber-Kalbermatten qui se classe en seconde position avec 48'602 voix et engrange plus de 13'000 voix supplémentaires.

Les trois sortants du PDC Jean-Michel Cina, Jacques Melly et Maurice Tornay suivent avec respectivement 46'469, 42'862 et 41'792 voix. Le PLR Léonard Bender, non élu, a glané 29'874 suffrages. Comme au premier tour, le PLR termine au sixième rang.

Grand perdant de cette élection, le PLR ne voit toutefois pas son avenir dans l'opposition. Pour Léonard Bender, l'évolution est en marche en Valais et ne s'arrêtera pas le 17 mars. Le PLR est prêt à faire son retour dans quatre ans.

Une ampleur qui surprend

L'UDC et le PS progressent. Oskar Freysinger totalise 44,5% des suffrages contre 39,2% au premier tour. Esther Waeber-Kalbermatten réunit 38% des suffrages contre 26% au premier tour. Le sauvetage du seul siège féminin du gouvernement et la mobilisation haut-valaisanne en sa faveur - elle termine en tête dans la partie germanophone du canton - expliquent cette progression.

Le score canon d'Esther Waeber-Kalbermatten est «largement au-dessus de nos espérances», commente Gaël Bourgeois. Le président du parti socialiste du Valais romand y voit une preuve que les Valaisans «ont voulu maintenir la gauche au pouvoir».

L'UDC se réjouit du score de sa locomotive Oskar Freysinger. «Nous ne sommes pas surpris du résultat mais de son ampleur», a indiqué Jean-Luc Addor, l'un des chefs de file de l'UDC valaisanne. «Aujourd'hui nous démontrons que les résultats du premier tour n'étaient pas dus au hasard mais bien à la volonté de changement du peuple».

Pas d'élection alibi

Le PDC accuse un léger recul par rapport au premier tour. Ses candidats avaient réuni 34 à 37% des suffrages. Au second tour, leur résultat s'échelonne de 32,7 à 36,3%. Le PLR fait également un peu moins bien avec 23,3% des voix contre 23,9% au premier tour.

Maurice Tornay est malgré tout «satisfait de son tir groupé et de la confiance renouvelée par le peuple». Il craignait une démobilisation de l'électorat et une désunion de la famille PDC. «Nous n'avons assisté ni à l'une, ni à l'autre. Il ne s'agissait pas d'un deuxième tour alibi», analyse-t-il.

Un peu plus germanophone

Le nouveau gouvernement valaisan, qui entre en fonction au 1er mai, présente donc un visage similaire à l'actuel. Seul un UDC remplace un PLR, mais l'électorat a manifesté sa volonté de maintenir la gauche à l'exécutif.

L'exécutif sera en revanche plus germanophone. La minorité haut-valaisanne, qui représente 26% de la population du canton, a massivement soutenu ses candidats Esther Waeber-Kalbematten et Jean-Michel Cina, mais a aussi plébiscité Oskar Freysinger et son aisance à parler le dialecte haut-valaisan.

ATS