Armée française Armée de terre

Secret Défense

Par Jean-Dominique Merchet le 26/03/2013

15.000 hommes, c'est le futur "contrat opérationnel" pour les missions de "coercition".

Sous les batailles de chiffonniers autour des chiffres des futurs budgets de la défense, se cache une réalité : en cas de guerre sérieuse, l'armée de terre n'aura bientôt plus que l'équivalent d'une seule division à aligner ! Soit 15.000 hommes. Eh oui... on en est là.

Expliquons-nous : les Livres blancs définissent un "contrat opérationnel" qui lient les armées et le pouvoir politique. Le texte de 1994 prévoyait que l'armée de terre devait pouvoir fournir une force de 50.000 hommes pouvant agir dans le cadre d'une coalition. Le document suivant, en 2008, a ramené ce chiffre à 30.000 et le prochain, qui devrait être connu en avril, se situera autour de 15.000. Soit l'équivalent de ce que l'on appelait jusqu'en 1999, une "division".  Certes, une grosse division bien musclée, mais une seule division quand même...
A cette unité pouvant intervenir dans le cadre de mission de "coercition" - le terme poli pour dire aujourd'hui guerre de haute intensité, s'ajouteraient des forces pouvant opérer sur le territoire national et des éléments plus légers et moins nombreux, susceptibles d'opérations style Mali.

Ce chiffre de 15.000 a été explicitement présenté par le général Ract Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre, au cours des travaux de la commission du Livre blanc : il est une conséquence directe de l'application du scénario Y - défendu par le ministère de la défense, contre les coupes encore plus sévères voulues par Bercy.

Au sein des armées, les réalistes font observer que le contrat opérationnel de 2008 ("capacité de projeter en six mois et pour une durée d'un an une force terrestre pouvant atteindre 30.000 hommes") relevait déjà de la pure et simple fiction...