Toulouse (31) quartiers des Izards policiers

La Dépêche

Le 28/03/2013

Engagée dans une lutte sans relâche contre le trafic de drogue aux Izards, la police toulousaine perturbe le trafic. Une présence contestée par une frange de la population de cette cité.

Depuis plusieurs semaines, la police toulousaine mène des opérations de contrôle dans le quartier des Izards. Une cité sensible classée en zone de sécurité prioritaire où le trafic de drogue est durement ancré aux pieds de ces barres d'immeuble en cours de démolition. Ces opérations donnent lieu à des saisies quotidiennes de résine de cannabis, en petite quantité. La Bac ou le groupe civil de la compagnie de sécurisation et d'intervention agissent souvent dans le cadre d'un flagrant délit suite à des surveillances. Engagés dans un travail de fond, les enquêteurs de la sûreté départementale, brigade des stups, n'hésitent pas eux aussi à taper un grand coup dans la fourmilière de l'économie souterraine.

Une présence policière qui se solde aussi par des interpellations dans une ambiance parfois électrique, comme vendredi dernier où les forces de l'ordre ont été confrontées à l'hostilité de certains habitants. Dans ce contexte, les témoignages se multiplient parmi une frange de la population de cette cité mettant directement en cause l'intervention «musclée» des policiers. D'un côté, la présence policière qui perturbe le travail des trafiquants et de l'autre, quelques habitants qui tiennent les forces de l'ordre responsables de la détérioration du climat social. Des récits relayés par l'un des avocats d'une famille, Me Etelin, vont même jusqu'à évoquer des «dérapages» en tout genre, «des arrestations violentes» et des «sommes d'argent confisquées à des jeunes, en dehors de toute procédure», rapporte l'avocat pénaliste.

Des assertions graves si elles sont avérées. Hier, l'état-major de la police nationale a réfuté toute forme d'accusation précisant que la présence des forces de l'ordre s'inscrit dans la lutte contre les trafiquants de drogue.

«On peut se demander si l'action policière menée régulièrement et qui dérange n'est pas de nature à inciter les délinquants à mettre en cause les policiers», relève le procureur de la République, Michel Valet, garant du comportement des forces de l'ordre et qui sort aujourd'hui de sa réserve.