Prison de Sequedin (59)

L'Express

Le 13/04/2013

Cette maison d'arrêt récente dans la banlieue de Lille avait accueilli le braqueur Antonio Ferrara. Redoine Faïd, qui s'en est évadé ce samedi, n'était pas dans un bâtiment assez sécurisé, selon les syndicats. Son avocat n'est "pas étonné" par l'évasion de son client "remarquablement intelligent".

Le braqueur Redoine Faïd s'est évadé de manière spectaculaire de la prison de Sequedin, près de Lille, ce samedi matin, via une prise d'otages et l'usage d'explosifs. Ce fugitif, jugé "dangereux", était détenu dans cet établissement récent -ouvert en 2005- depuis sa tentative d'attaque à main armée qui avait coûté la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet en mai 2010.

Mais cette prison du Nord, où la ministre de la Justice Christiane Taubira se rend ce samedi, était-elle adaptée pour recevoir un braqueur d'une telle dangerosité? Non, estiment les syndicats. "Il n'y a pas beaucoup d'établissements adaptés" en France pour accueillir des "détenus dangereux" de la trempe de Redoine Faïd, a expliqué Etienne Dobremetz, représentant du syndicat Ufap-Unsa de l'administration pénitentiaire.

D'autant que Redoine Faïd "était dans le quartier commun, en détention commune". Ce qui signifie qu'il était dans une branche du bâtiment "qui ne présente pas en termes de sécurité des mesures supplémentaires", selon le syndicaliste. Cette prison fait l'objet de fréquents "parachutages" par dessus le mur d'enceinte, d'objets tels que des substances prohibées ou des armes blanches, ajoute-t-il.

"Je n'ai pas été étonné à l'annonce de son évasion, explique de son côté son avocat, Me Jean-Louis Pelletier. Cela dit, rien ne me le laissait penser." L'avocat, qui a ntoamment défendu par le passé Jacques Mesrine, décrit Redoine Faïd comme "remarquablement intelligent" et avec "certainement des possibilités" pour une évasion.

Plus de fouilles à corps après les parloirs

La maison d'arrêt de Lille-Sequedin comportait auparavant un "quartier maison centrale", qui servait à accueillir pour une période déterminée des détenus avec des profils dangereux, précise Etienne Dobremetz. C'est dans ce quartier qu'avait notamment séjourné, avant son transfert, le braqueur Antonio Ferrara, auteur lui aussi quelques années plus tôt d'une évasion spectaculaire.

Mais depuis, le quartier a été transformé en centre national d'évaluation et accueille désormais des détenus en fin de peine, qui font l'objet d'une évaluation destinée à leur accorder ou non un aménagement de peine.

Etienne Dobremetz demande "les moyens une bonne fois pour toutes de gérer" de tels prisonniers, mais "cela passera par la construction d'établissements spécialisés [...] avec les moyens humains et les moyens matériels". Il regrette par ailleurs l'arrêt des fouilles à corps des détenus à l'issue d'un parloir. Redoine Faïd aurait obtenu les explosifs nécessaire à son évasion lors d'une visite le matin même.

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